Un employé dans une usine de Renault Zoe à Flins en Île-de-France en mai 2020. (Photo d’illustration).
SAA/ - REUTERS - GONZALO FUENTES
EXCLUSIF. Les députés macronistes souhaitent mettre fin à la contribution sociale de solidarité des sociétés dans le prochain budget. Un impôt de production particulièrement nuisible à l’industrie tricolore, selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires publié cette semaine.
Un retour de l’impôt sur la fortune (ISF), peu de députés du groupe Ensemble pour la République (EPR) - à savoir les macronistes - y sont favorables. En revanche, selon nos informations, ils souhaitent venir en aide à l’industrie tricolore moribonde dans le prochain budget. Comment ? En supprimant la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S). « Il faut baisser les impôts de production pour permettre aux industriels de se développer », fait savoir à La Tribune, le député EPR Sylvain Maillard, ancien président du groupe Renaissance au Palais-Bourbon.
Pour défendre leur projet, les députés macronistes peuvent s’appuyer sur un rapport publié lundi 22 septembre par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), une institution rattachée à la Cour des comptes, et qui plaide justement pour une suppression « en priorité » de la C3S.
Cette contribution, mal connue du grand public, et qui participe au financement de l’assurance vieillesse, est un impôt de production qui « pénalise particulièrement la compétitivité des entreprises du secteur industriel fortement capitalistiques et consommatrices de biens intermédiaires », pointe le CPO.
« On a un écart de 20 milliards d’euros par rapport à la moyenne européenne d’impôts de production en plus pour notre industrie, ce n’est pas tenable ! », martèle le député Maillard. « Regardez ce qui arrive à l’automobile, c’est terrible, ça va très vite ! », se désole l’élu de Paris.
Cette semaine, le constructeur automobile Stellantis a annoncé la fermeture temporaire de plusieurs de ses usines européennes, dont celle de Poissy (Yvelines) du 13 au 31 octobre en raison d’un marché difficile.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Mais dans une période budgétaire où chaque milliard compte, comment supprimer une contribution dont le rendement devrait s’élever à 5,4 milliards d’euros en 2025 ? La solution pourrait être trouvée grâce à la « remise en question des dépenses fiscales et des allègements de cotisations portant sur les heures supplémentaires », souligne le rapport du CPO.