Quand le Japon chuchote, la Chine aboie. La chronique de François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Découvrez la chronique de François Clémenceau
LTD/DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Découvrez la chronique de François Clémenceau
LTD/DR
Mettez-vous deux secondes à la place des dirigeants japonais. Aux portes de l’océan Pacifique, cet archipel de plus de 3 000 kilomètres de long abrite plus de 120 millions d’habitants. De Tokyo, la capitale, la côte californienne de l’allié américain est distante à vol d’oiseau de 8 000 kilomètres. Mais Pyongyang et l’abri antiatomique de son tyran Kim Jong-un sont à 2.000 kilomètres, la portée confortable d’un missile intermédiaire.
Shanghai la chinoise est à peu près à la même distance. Et Vladivostok, bastion extrême-oriental de la Russie de Vladimir Poutine, est à une heure de vol de Sapporo. Trois villes, trois régimes dictatoriaux, trois puissances nucléaires dotées d’armes de destruction massive et, pour la Chine et la Russie, de marines puissantes capables de s’aventurer au plus près des côtes nippones.
Cette semaine, vu la déliquescence grandissante des relations internationales, un conseiller influent de la Première ministre japonaise a laissé entendre à ses interlocuteurs que le Japon devrait se doter de l’arme nucléaire. « Car il faudra bien à la fin qu’on ne compte que sur nous-mêmes », a-t-il ponctué, tout en admettant qu’un tel arsenal de dissuasion « ne s’achetait pas en magasin » et que cette réflexion ne devait pas céder à la précipitation.
À lire également
Bien que cette conversation avec des représentants de la presse japonaise ne reflète en rien un débat en cours dans l’entourage de la Première ministre, assurent ses services, la réaction à Pékin a été aussi rapide que tonitruante. « Si cette information était confirmée, ce serait extrêmement grave », a lâché le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois.