A plus de 1 300 mètres d’altitude, ce qui en fait la plus haute ville de France, Briançon, dans les Hautes-Alpes, compte plus de 10 000 habitants. Et accueillait, il y a encore quelques années, le 159ᵉ Régiment d’Infanterie Alpine (159e RIA) précédant le Centre national d’aguerrissement en montagne (CNAM). Depuis la restructuration des armées en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les casernes militaires étaient restées vides. Et étaient même menacées de démolition. « Leur réhabilitation est un projet depuis vingt ans. Les habitants se sont exprimés sur leur avenir par le vote aux Municipales », rappelle Arnaud Murgia, actuel maire de la commune et qui s’y était engagé lors de sa campagne électorale.
Désormais, et à une vitesse inédite, les trois casernes au cœur de la ZAC du quartier militaire trouvent un second souffle. L’une est devenue la cité administrative de la ville alpine, regroupant « tous les services municipaux, Météo France, une médiathèque ou encore France Travail », liste l’édile briançonnais. La caserne Colaud, de 4 580 m², réhabilitée en hôtel quatre étoiles de 83 chambres et suites avec spa, brasserie-bar et salles de conférence pour entreprises, ouvrira ses portes début décembre. La caserne Berwick, de plus de 4 100 m², a passé les étapes de curage, désamiantage et gros œuvre après le démarrage des travaux en novembre 2024 et sera réhabilitée un hôtel trois étoiles de 86 chambres dès la saison hivernale 2026. Au rez-de-chaussée, un local commercial de 130 m². Les hôtels seront exploités par le groupe Noemys avec sa marque Garrigae et Travel Factory, filiale de la Compagnie des Alpes. En parallèle de cette « sauvegarde du patrimoine et du passé historique et militaire », le projet oscille également avec la modernité avec la création de logements neufs dans deux résidences qui « préservent le volume des casernes conservées », assurent Jérôme Rousson, directeur de programme et Léopold Marion, directeur opérationnel d’Icade à qui la maîtrise d’ouvrage du projet a été confiée. La résidence Les Cimes sera composée de 71 logements collectifs et d’un local d’activités, et la résidence Orma de 49 logements collectifs et trois commerces.