Le gouvernement restreint le cumul emploi-retraite aux retraités modestes, après les alertes de la Cour des comptes sur les « effets d’aubaine » du dispositif pour les retraités aisés.
Passée presque inaperçue dans le flot des débats budgétaires, la réforme du cumul emploi-retraite a été adoptée mardi 16 décembre lors du vote du budget de la Sécurité sociale. Ce dispositif, qui permet à un retraité d’exercer une activité rémunérée tout en percevant sa pension de retraite, va subir un durcissement significatif à partir de 2027. Une évolution discrète, mais dont l’impact pourrait concerner des centaines de milliers de seniors.
En France, près de 710 000 retraités bénéficient de ce cumul, un chiffre en hausse de 75 % depuis 2009, selon un rapport de la Cour des comptes publié en mai dernier. Les sages de la rue Cambon saluent un mécanisme qui « permet à des retraités modestes de compléter leurs revenus » et fait de ces seniors « une force de travail contribuant à la croissance ». Mais ils n’en dénoncent pas moins des « effets d’aubaine » et une réglementation française « plus accommodante » que celle des pays de l’OCDE. Des privilèges que la réforme en cours s’apprête à balayer.
Avant 67 ans, un cumul rendu peu attractif
Jusqu’ici, deux options permettaient de cumuler retraite et emploi : un cumul intégral pour les retraités partis à taux plein, et un cumul plafonné pour les autres. Mais la donne va radicalement changer à partir du 1er janvier 2027.
À cette date, ceux qui partent avant 64 ans verront la totalité de leurs revenus d’activité déduite de leur pension. Entre 64 et 67 ans, les pensions seront amputées de 50 % des revenus au-delà d’un seuil (estimé autour de 7 000 euros annuels), rendant le cumul moins attractif. Cumuler retraite et emploi avant 67 ans deviendra ainsi très peu intéressant financièrement. Après 67 ans, en revanche, un cumul intégral sera possible.
Schéma des cumuls plafonné et intégral sous le système actuel, qui prendra fin en 2027 (Crédits : Cour des Comptes (rapport mai 2025))