Près de 41 % des jeunes diplômés ne font plus du CDI leur priorité, creusant un peu plus le fossé entre l’idéal de stabilité d’autrefois et la réalité d’un marché du travail rattrapé par le chômage de masse des jeunes.Le chômage des jeunes ne recule pas. Il s’installe. Aux États-Unis, il progresse deux fois plus vite que celui de l’ensemble de la population, révèle le Financial Times dans un article sobrement intitulé « La grande traversée du désert pour les jeunes diplômés ». En France, le constat est tout aussi sombre, près de 19 % des 15-24 ans sont sans emploi contre 6,7 % des 25-49 ans et 4,9 % des plus de 50 ans selon l’Insee. Et l’intelligence artificielle, en automatisant des tâches longtemps confiées aux juniors, accentue encore la pression sur une génération déjà en grande difficulté pour entrer sur le marché du travail.
Face à cette nouvelle réalité, le contrat à durée indéterminée (CDI), jadis symbole de stabilité, se retrouve au cœur d’un débat public houleux. Les entreprises, portées par le Medef, réclament plus de flexibilité et proposent un « CDI jeunes » résiliable sans justification pendant quatre ans, initiative aussitôt rejetée par le gouvernement. Pendant ce temps, les jeunes diplômés, confrontés à un accès toujours plus difficile au premier emploi, commencent à se détourner d’un contrat longtemps considéré comme le Graal.
Le CDI n’est plus une fin en soi pour 41 % des jeunes
Le CDI perd de son aura auprès des jeunes diplômés du supérieur. Selon l’enquête EDHEC/JobTeaser publiée le 3 février auprès de 2 578 étudiants et jeunes diplômés de 18 à 30 ans issus d’écoles de commerce, d’ingénieurs et d’universités, 41 % d’entre eux n’en font plus une priorité. Si 69 % envisagent encore un CDI pour leur premier emploi, une part croissante se tourne vers le volontariat international en entreprise, l’entrepreneuriat ou le CDD, choisi par 17 % des étudiants universitaires.