Depuis 1965, la loi permet aux femmes d'ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation de leur mari. Pourtant, soixante ans plus tard, 28 % des femmes vivant en couple n'en possèdent toujours pas selon l'Ifop.
ppl fgj - dpa Picture-Alliance via AFP - PATRICK PLEUL
Confiscation d’argent, surveillance des dépenses, absence de compte personnel ou détournement des ressources du foyer… Une femme sur quatre a déjà été victime de violences économiques de la part de son conjoint, selon une étude de l’Ifop.
Quand l’emprise financière devient violence silencieuse. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, mardi 25 novembre, l’Ifop diffuse une étude menée pour le compte de la Fédération nationale Solidarité Femmes et du Crédit mutuel.
Réalisée auprès de 1 000 femmes françaises majeures, cette étude révèle une réalité souvent passée sous silence. Les violences économiques, reconnues comme l’une des sept formes de violences conjugales aux côtés des violences sexuelles, physiques ou psychologiques, touchent 23 % des femmes interrogées, et jusqu’à 37 % chez les 18-35 ans. Des mécanismes d’emprise multiples, parfois insidieux, qui entravent l’autonomie financière des femmes.
Dépendance financière : 28 % des femmes en couple sans compte bancaire
Ces violences économiques s’appuient en grande partie sur le manque d’autonomie financière. Depuis 1965, la loi permet aux femmes d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari. Pourtant, soixante ans plus tard, 28 % des femmes vivant en couple n’en possèdent toujours pas, révèle l’Ifop, qui constate une hausse de 5 % par rapport à l’an dernier.
Si elles devaient quitter le domicile conjugal, près de 40 % des femmes interrogées déclarent qu’elles ne pourraient pas payer seules un loyer. Ainsi, comment s’émanciper ou fuir un conjoint violent lorsque l’on ne possède pas les ressources pour le faire ?
Interrogée par Franceinfo, Mine Günbay, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes et coréalisatrice de l’étude, insiste sur le fait que le manque d’autonomie financière installe « un rapport de domination et, de fait, une dépendance économique des femmes à leur partenaire ».
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