L’inflation baisse drastiquement en Europe et en France : voici toutes les conséquences

L’inflation est passée de +1,2 % sur un an en septembre 2025 à +0,3 % en janvier 2026 (photo d'illustration).
REUTERS - Stephane Mahe

L’inflation est passée de +1,2 % sur un an en septembre 2025 à +0,3 % en janvier 2026 (photo d'illustration).
REUTERS - Stephane Mahe
Le chiffre. L’inflation a de nouveau reculé en janvier dans la zone euro. Elle s’est affichée à +1,7 % sur un an, selon une première estimation publiée ce mercredi par Eurostat, l'office de statistique de l'Union européenne. Et confirme ainsi la tendance à la baisse entamée depuis septembre 2025, où les prix à la consommation s’affichaient à +2,2 %.
La situation est identique pour la France, dans des proportions même plus fortes. L’inflation a aussi commencé à diminuer dans la France à partir de septembre 2025. De +1,2 % sur un an alors, elle est descendue à +0,3 % en janvier, d’après une estimation provisoire de l'Insee publiée mardi. Un plus bas qu’elle n’avait plus atteint depuis janvier 2021.
Une pression des prix qui se desserre, mais... attention aux raccourcis. « Quand l’inflation diminue, cela ne veut pas dire que les prix diminuent, expliquait déjà l’année dernière l’économiste Stéphanie Villers à France info. Cela veut dire que la hausse des prix augmente moins vite ».
L’experte avertissait d’ailleurs : « Il faut se rendre compte que l’on ne retrouvera pas les niveaux de prix d’avant-crise ». Car, après les hauts sommets de 2022 et 2023, il n’y a pas eu d’inflation négative. Finalement, l’inflation ne fait que se formaliser. Ce dont semble avoir conscience une bonne partie des Français, qui listent l’inflation parmi leurs préoccupations principales depuis de longs mois déjà.
Pas suffisant pour convaincre pour le moment la BCE de baisser ses taux. En restant sous la barre des 2 % pour le deuxième mois consécutif, l’inflation dans la zone euro se maintient dans la cible de la Banque centrale européenne (BCE). Ce qui éloigne encore un peu plus la perspective d’un tour de vis monétaire.
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De là à pouvoir envisager une baisse des taux lors de la prochaine réunion de politique monétaire – et première de l’année – qui se tiendra ce jeudi 5 février ? Probablement que non. Notamment en raison d’une inflation élevée dans le secteur des services, bien qu’en baisse (+3,2 % en janvier contre +3,4 % en décembre). Aux yeux de la BCE, cette donnée suggère que les pressions inflationnistes internes ne sont pas encore totalement éteintes, malgré le ralentissement global.
Si bien qu’aucun changement de cap n'est attendu. Pour la cinquième fois consécutive, la BCE devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés. Le taux de dépôt, référence de l’institut, devrait demeurer à 2 %, comme depuis juillet 2025, et son taux directeur à 3,75 %.
Impact attendu sur le taux du Livret A. Déjà raboté depuis le 1er février dernier – passé de 1,7 % à 1,5 % – le taux du Livret A pourrait encore être réduit au cours de l’année 2026 par la Banque de France. Tout simplement pour des raisons de méthodologie : ce taux est calculé à partir de la moyenne semestrielle du taux d'inflation (hors tabac) et des taux d'échanges entre les banques.
Rien n’oblige toutefois la Banque de France à coller à cette méthode de calcul, comme on a pu le voir dans le passé. Ce taux a, en effet, fait l’objet de fréquentes dérogations ces dernières années. Porté à 3 % début 2023, dans un contexte d’inflation galopante en raison de la crise de l’énergie, il n’a pas bougé pendant deux ans suite à la promesse du ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire. Ce, alors que l’inflation avait fortement reculé sur cette période (passant de +6 % en janvier 2023 à +1,6 % en janvier 2025).
Des doutes sur la croissance. Une baisse de l’inflation est propice à une hausse de la consommation des ménages, qui est l’un des facteurs clés de la croissance française du produit intérieur brut (PIB). Grippé ces derniers mois, la consommation a accéléré fin 2025, permettant, en partie, à la croissance française de terminer l’année à +0,9 %, au-dessus des prévisions du gouvernement. Reste que la prudence est de mise pour 2026 et la croissance est attendue à peine meilleure (à +1 % pour la majorité des organisations faisant des prévisions).