BCE : pour la quatrième fois, les taux restent inchangés
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Christine Lagarde, présidente de la BCE (photo d’illustration).
REUTERS - Heiko Becker
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Christine Lagarde, présidente de la BCE (photo d’illustration).
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La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux d’intérêt jeudi. Le taux de dépôt, référence de l’institut, a été laissé à 2 %, comme depuis juillet, à l’instar de ce qui était anticipé par la plupart des observateurs.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a par ailleurs souligné que « toutes les options sont sur la table » concernant les futurs taux d'intérêt de l'institution, en raison de la très forte « incertitude mondiale », sur le plan commercial comme géopolitique.
Cet immobilisme actuel contraste avec la Banque d’Angleterre, qui a réduit jeudi son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, à 3,75 %, après l’avoir laissé inchangé lors des deux précédentes réunions. L’institut britannique a été conforté par une baisse de l’inflation au Royaume-Uni, tout en restant élevée, à 3,2 %, selon la dernière estimation de novembre.
La BCE bénéficie quant à elle d’une dynamique des prix plus équilibrée, rendant inutile tout mouvement immédiat sur le loyer de l’argent. Son communiqué du jour confirme l’analyse des mois précédents selon laquelle « l’inflation devrait se stabiliser au niveau de l’objectif de 2 % à moyen terme ».
La BCE a actualisé ses prévisions économiques en les prolongeant jusqu’en 2028. Elle a relevé ses attentes sur l’inflation pour 2026, à cause de la hausse des prix tenace dans les services, et a relevé aussi ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, tirée en particulier par la demande intérieure. L’institution de Francfort table sur une inflation de 1,9 % en 2026, puis 1,8 % en 2027, contre respectivement 1,7 % et 1,9 % précédemment, enfin 2 % en 2028.
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Le PIB de la zone euro devrait, lui, croître de 1,2 % en 2026, 0,2 point de mieux que l’estimation de septembre. Il grimperait à 1,4 % en 2027 et 2028. Cela dépendra aussi de l’efficacité du plan de relance budgétaire en Allemagne et des réformes pour relancer les entreprises dans un pays sortant de trois années de marasme. De plus, les perspectives de paix ou de cessez-le-feu en Ukraine, nées d’un intense ballet diplomatique ces dernières semaines, pourraient soutenir la confiance si elles se concrétisent.
En revanche, la hausse des droits de douane américains et de nouvelles baisses de taux attendues de la Réserve fédérale américaine pourraient conduire à « apprécier encore l’euro face au dollar » au détriment des « exportations de la zone euro et de la croissance », estime Eric Dor, directeur des études économiques de l’IESEG School of Management.
Au lieu de livrer des indications claires sur l’évolution future des taux, Christine Lagarde devrait une nouvelle fois disserter jeudi sur la « balance des risques » tant à la hausse qu’à la baisse sur les prix. Le côté vers lequel penche la balance aura des implications sur le cap monétaire. « L’orientation des taux, comme celle de l’inflation, reste donc très incertaine », résume M. Dor.
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Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a déclaré à Bloomberg qu’elle partageait l’anticipation des marchés d’une prochaine hausse des taux après le statu quo, sans en préciser la date. Michel Martinez, économiste Europe chez Société générale, anticipe une première hausse des taux en décembre 2026 puis une autre à la mi-2027, sur fond d’inflation attendue « significativement au-dessus de 2 % » entre 2027 et 2029.
(Avec AFP)
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