Téléconsultation : les jeunes bien plus adeptes que leurs aînés

Depuis le boom de la téléconsultation lors de la pandémie de Covid-19, le recours à la consultation n’a de cesse de baisser en France (photo d'illustration).
© orzalaga, Pixabay

Depuis le boom de la téléconsultation lors de la pandémie de Covid-19, le recours à la consultation n’a de cesse de baisser en France (photo d'illustration).
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Un peu plus d’un adulte sur dix (15 %) a eu recours à la téléconsultation en France en 2024, d’après une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce jeudi. Sur ce total, les jeunes ont représenté la plus grande part des patients. Les 18-30 ans ont ainsi été trois fois plus nombreux à consulter en ligne par rapport aux 60-74 ans (23 % contre 8 %).
« Selon un rapport de la Cour des comptes de 2025, la surreprésentation des jeunes est liée au fait qu’ils ont deux fois plus recours que le reste de la population à des soins non programmés, auxquels la téléconsultation se prête davantage que la consultation en cabinet », indique la Drees. Sans compter qu’ils sont généralement très à l’aise avec les outils numériques et donc à même de démarrer une téléconsultation vidéo.

Il ressort aussi de l’étude de la Drees que les diplômés du supérieur figurent deux fois plus souvent parmi les télépatients que les titulaires d’un CAP ou d’un BEP (24 % contre 10 %). Le lieu de résidence est également un facteur important. 21 % des habitants de grands centres urbains ont téléconsulté, contre 12 % des personnes résidant dans les centres urbains intermédiaires, les petites villes ou les ceintures urbaines.
Si les patients se tournent vers la consultation à distance, c’est avant tout par rapport à des délais d’attente jugés trop longs pour un rendez-vous en cabinet (raison citée par 43 % des personnes interrogées). Suit ensuite le besoin d’une consultation en urgence (33 %) et d’un renouvellement d’ordonnance ou d’un certificat médical (20 %).
Reste que, depuis le boom de la téléconsultation lors de la pandémie de Covid-19, le recours à la consultation n’a de cesse de baisser. Le nombre d’actes est ainsi passé de 13,5 millions en 2020 à 5,4 millions en 2023 (lire encadré).
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La raison est peut-être à chercher dans la perception que la population a de la téléconsultation : plus de huit personnes interrogées sur dix (83 %) considèrent que les téléconsultations déshumanisent la relation entre le patient et le médecin. Et plus de six sur dix (64 %) qu’elles augmentent le risque de fuite de données personnelles de santé. « Sur ces questions, les opinions varient assez nettement selon que l’on recourt à la téléconsultation ou non », souligne la Drees.
La téléconsultation ne souffre toutefois pas que d’opinions négatives. Plus de sept déclarants sur dix (73 %) voient cette pratique comme un moyen de lutter contre les déserts médicaux. Et presque autant (71 %) comme une solution pour désengorger les services d’urgence des hôpitaux. De là à franchir le cap ? Rien n’est moins sûr.
Un recours à la téléconsultation en baisse continue
Définie pour la première fois comme un acte à distance en 2004, il aura toutefois fallu attendre près de vingt ans pour que la téléconsultation se démocratise en France. C’est la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui lui a permis de prendre vraiment de l’ampleur. En 2020, 13,5 millions d’actes sous forme de téléconsultations ont ainsi été enregistrés, indique la Drees, contre à peine 3 000 et 80 000 les deux années précédentes.
« Depuis la fin de la pandémie, les téléconsultations sont devenues une pratique pérenne pour les médecins, même si elles restent rares et que leur nombre a diminué », précise l’organisation. Elles sont en effet tombées à 5,4 millions en 2023, soit à peine 2,2 % de l’ensemble des consultations (après 7,6 millions en 2022 et 9,4 millions en 2021).