En septembre, la balance commerciale canadienne enregistre un rebond de ses exportations. Et malgré les droits de douane américains de plus de 30 %, elle enregistre un excédent avec les États-Unis.
C’est une première depuis janvier. Le Canada a enregistré une balance commerciale excédentaire de 153 millions de dollars canadiens en septembre. Le mois précédent, le déficit commercial atteignait 6,4 milliards, d’après les données de Statistiques Canada publiées jeudi.
« Le léger rebond des exportations au troisième trimestre s’explique en partie par le fait que les flux commerciaux du deuxième trimestre ont été inférieurs à la tendance sous-jacente en raison de l’anticipation des droits de douane au premier trimestre », a indiqué Andrew Grantham, économiste principal de la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC), rapporte l'agence de presse La Presse canadienne. « Par conséquent, il ne serait pas surprenant que la performance des exportations s’affaiblisse à nouveau au quatrième trimestre, avant une reprise plus durable plus tard l’an prochain », a-t-il complété.
Au total, les exportations en septembre ont progressé de 6,3 % et se sont élevées à 64,2 milliards, soit la plus importante hausse en pourcentage depuis février 2024, note l’agence de presse. De leur côté, les importations ont perdu 4,1 % pour atteindre 64,1 milliards.
Le Canada a également enregistré un excédent avec les États-Unis, qui a atteint 8,6 milliards contre 6 millions en août. Et ce, grâce à une hausse d’un peu moins de 5 % des exportations vers son voisin. Pourtant, les relations commerciales entre les deux pays ont été vivement secouées depuis le début de l’année et l’instauration de droits de douane américains. À son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a imposé des taxes de 25 % sur tous les produits canadiens importés sur le territoire américain, une escalade tarifaire justifiée, selon lui, par le trafic de fentanyl à la frontière canadienne et le passage aux frontières de migrants illégaux.
Aujourd’hui, ces droits de douane atteignent même 35 %. Mais dans les faits, ils touchent peu les produits canadiens, protégés par le traité de libre-échange nord-américain (Aceum). Seuls certains secteurs comme l’automobile (25 %) ou l’acier et l’aluminium (50 %) sont véritablement concernés par des droits de douane sectoriels. « Les droits de douane américains continuent de peser sur l'activité des secteurs ciblés, mais la plupart des produits ont continué de franchir la frontière sans être taxés en septembre (86 % des exportations) », précise une note de la Banque royale du Canada (RBC). Résultat, le taux tarifaire effectif moyen américain sur les importations canadiennes est stable à 3,9 %, toujours selon cette source.
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Par ailleurs, malgré les droits de douane sectoriels, les exportations d’aluminium ont tout de même augmenté de 18,6 % par rapport au mois d’août. Elles restent inférieures aux exportations de l’année dernière sur la même période. Enfin, la faiblesse des importations s’explique de son côté par une forte baisse de 72,5 % des importations d’or brut, après une importante hausse en août.
La balance commerciale excédentaire contribue ainsi à la hausse du PIB au troisième trimestre, d’après la RBC. Mais le commerce canadien n’est pas hors de danger de la guerre commerciale américaine. « Depuis le début de l'année, les exportations canadiennes vers les États-Unis sont en moyenne inférieures de 3,9 % à leur niveau d'il y a un an jusqu'en septembre », précisent les économistes de la Banque royale du Canada.
L’accord de libre-échange entre les deux partenaires doit surtout être réexaminé l’année prochaine. « L’incertitude demeure quant à l’avenir des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis, le ralentissement de la croissance démographique pèsera sur la production globale et la faiblesse de la croissance de la productivité constitue toujours un défi structurel », complètent les économistes.