Dans les allées bondées du World nuclear exhebition (WNE), la grand-messe du nucléaire qui se tient actuellement au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), il est difficile de passer à côté de l’immense pavillon Canadien. A l’occasion de cet événement, qui se tient tous les deux ans, Stephen Lecce, ministre de l’Énergie et des mines de l’Ontario a fait le déplacement aux côtés d’une délégation composée de quelque 25 entreprises. Ces dernières ont même eu l'occasion d’échanger dès lundi avec leurs homologues tricolores lors d’une rencontre orchestrée par Stéphane Dion, l’ambassadeur du Canada. Lequel entend bien faire valoir les nombreux atouts que présente le deuxième pays le plus vaste de la planète à l’heure où la relance de l’atome bat son plein.
Jusqu’à présent, le Canada s’était montré bien plus discret que la Chine, qui construit des réacteurs à tour de bras, et que la Russie, qui s’est imposée comme le champion de l’exportation. Pourtant, « les Canadiens sont fondamentaux sur le marché du nucléaire », assure Teva Meyer, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de la géopolitique du nucléaire. Et pour cause, leur champion national, Cameco, spécialiste de l'uranium, est désormais présent sur la quasi totalité de la chaîne de valeur de l’atome : de l’extraction du minerais à la fabrication de réacteurs et de combustibles via Westinhgouse, dont le groupe détient désormais près de la moitié du capital, aux côtés du fonds canadien Brookfield Renewable.
Preuve de cette montée en puissance : la semaine dernière, le cours de l’action de Cameco a bondi de plus de 22% pour atteindre un sommet historique supérieur à 148 dollars canadiens (environ 91 euros) après que les Etats-Unis ont annoncé un partenariat à 80 milliards de dollars américains (environ 70 millions d'euros) avec Westinghouse pour la construction de nouvelles centrales nucléaires.