« Les projets de nouveaux centres commerciaux sont anachroniques »
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Le projet du Village de Sophia prévoit un complexe mixte de 78 500 m² dont 30 300 m² de surface commerciale.
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Le projet du Village de Sophia prévoit un complexe mixte de 78 500 m² dont 30 300 m² de surface commerciale.
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Il est des projets plus complexes que d’autres. Pour la Compagnie de Phalsbourg, c’est le dossier Village de Sophia, à Valbonne, qui accumule les difficultés. La décision rendue fin février par la Cour administrative d’appel de Marseille, confirmant le refus du permis modificatif, ne va pas arranger une affaire qui traîne depuis 2016 pour ce complexe mixte de 78 500 m² dont 30 300 m² de surface commerciale. Pourtant, à quelques encablures de là, toujours sur la technopole de Sophia Antipolis, un autre projet mastodonte, Ecotone, porté par la même foncière mais ne proposant pas de surfaces commerciales a passé sans encombre la phase recours. Est-ce là, la démonstration de l’effet désormais épouvantail des centres commerciaux ?
« Les projets de nouveaux centres commerciaux apparaissent aujourd’hui totalement anachroniques. A l’image du projet Village de Sophia, ils ont bien souvent une décennie de tergiversations et de décisions administratives derrière eux et font figure, en 2026, de repoussoir, tant pour des raisons écologiques qu’économiques », explique Vincent Chabaudt, professeur de sociologie à l’Université Gustave Eiffel, auteur de plusieurs ouvrages sur le commerce et la consommation dont le récent Sociologie du luxe (éd. Que sais-je ? 2026). « Le tournant date de 2019 lorsqu’Emmanuel Macron a décidé de stopper le projet pharaonique Europacity dans le triangle de Gonesse, dans le Val d’Oise (porté par Auchan et la multinationale chinoise Wanda, NDLR). Les considérations écologiques dans le commerce ont commencé à prendre une ampleur que la loi Climat et Résilience de 2021 a sanctuarisé en restreignant très fortement la construction de nouveaux centres commerciaux. »
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Les raisons sont également d’ordre économiques. « Pour les foncières, le jeu n’en vaut vraiment plus la chandelle. Si le verdissement de l’appareil commercial français peut dans certains cas justifier la création d’un site ad hoc, il y a quand même un modèle économique à tenir et des cellules commerciales à remplir dans un contexte où le taux de vacance atteint 16% en moyenne, et le commerce en ligne, notamment pour l’habillement, représente 28% des achats. »