En octobre 2024, la visite officielle d’Emmanuel Macron à Rabat crée clairement un point de bascule. D’abord parce qu’elle met fin à trois années de brouilles et de tensions, une période compliquée pour le monde économique notamment, et rare dans le rapport entre les deux pays. Mais en reconnaissant la marocanité du Sahara occidental, le Président de la République française a su envoyer un signal fort. Avec Rabat, les relations reprennent alors la couleur amicale et bienveillante de toujours.
Ensuite, parce que cette visite d’Etat permet de redéfinir les contours de la coopération économique. Quarante-deux accords signés, 11 milliards d’euros d’investissement, de grands projets nourris par les compétences partagées et des entreprises françaises et marocaines leaders dans leur secteur tels Alstom et Egis sur la ligne ferroviaire Kenitra-Marrakech, Engie et OCP sur les ambitions liées à d’hydrogène vert, CMA CGM (actionnaire de La Tribune Afrique, NDLR) et Tanger Med pour consolider les flux maritimes et développer le fret, Thales Alenia Space et Panafsat sur des questions de connectivités…
La rencontre de haut niveau organisée ce jeudi à Rabat s’inscrit donc dans ce contexte. Avec, tout de même – et le Maroc y est sensible – le fait qu’il s’agit ici du premier déplacement au Maroc de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre. Un autre signal que Rabat apprécie et qui montre bien que le partenariat d’exception renforcé porté il y a bientôt deux ans par Mohammed VI et Emmanuel Macron s’inscrit dans le long terme. D’ailleurs, dans l’entourage de Rabat on souligne l’implication des deux chefs d’État et on dit vivre cette séquence comme l’aboutissement d’une séquence de rapprochement très dense, pas moins d’une cinquantaine de visites ministérielles s’étant déroulée au Maroc, couvrant par ailleurs tous les secteurs de la coopération.