Préserver son porte-monnaie tout en limitant son impact sur l’environnement. Tels sont les avantages de la réparation qui se développe sous le coup du bonus réparation dont peuvent bénéficier les particuliers. Mais les acteurs de ce segment de l'économie sociale et solidaire font face à des défis.De la lumière blanche, un espace aéré et des produits visiblement flambant neufs, classés par catégories. « Renée » a tout d’un magasin de petit électroménager classique, à ceci près que les produits y sont 40 à 60 % moins chers car ils sont tous d’occasion ! L’entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), créée fin 2024 après avoir testé le modèle dans un cadre associatif dès 2022, redonne vie à des aspirateurs, machines à café, magnétoscopes ou autres fers à repasser. Les produits sont donnés mais aussi récupérés en déchèterie pour être ensuite réparés à l’arrière de la boutique par une petite dizaine de salariés puis vendus dans le magasin et en ligne.
Objectif : les remettre sur le marché dans le meilleur état possible. « C'est obligatoire pour rassurer les consommateurs. L’esthétique est le premier frein à lever pour favoriser l’acte d’achat d’un produit de seconde main », confie Gilles Reeb, l’un des trois cofondateurs de Renée qui emploie 14 salariés. « Dans le monde du petit électroménager, il existe des 'repair cafés' qui proposent des réparations de niveau un, mais pas d’acteurs professionnels. » Renée se positionne précisément sur ce créneau. « C’est un pari », admet Gilles Reeb. Mais depuis le début de l’année, « le chiffre d’affaires a quasiment doublé ! »
Le coup de pouce du bonus réparation
Le coup de pouce du bonus réparation, défini par la loi Agec et lancé en 2022 par les éco-organismes Ecosystem et Ecologic, a pu y contribuer. Car au-delà de remettre en état des appareils qui retournent dans le circuit de la vente, l’entreprise répare aussi le petit électroménager des particuliers qui peuvent bénéficier d’une réduction de facture immédiate, de 15 à 60 euros selon le type d’appareil. Le particulier doit pour cela se rendre chez un réparateur labellisé QualiRépar.
Renée a justement obtenu le sésame en septembre. « Ce bonus réparation déclenche davantage de réflexes, surtout sur des appareils où le rapport économique n’était pas forcément à l'avantage de la réparation, comme le grille-pain. Nous sauvons donc plus d’appareils », explique Gilles Reeb. Coralie Cousi, responsable régionale d’Ecosystem, confirme « une augmentation de 35 % du nombre de réparations en Nouvelle-Aquitaine, depuis le début de l’année par rapport à la même période en 2024. » Gilles Reeb en convient : « Le bonus est un super levier de passage à l’acte pour le client et, pour nous, un levier de réassurance. Ce label nous permet de nous faire connaître. Nous sommes référencés. »