Budget, emploi, vacance commerciale : les vrais coûts du Black Friday pour l’économie française
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Entre 2007 et 2018, le développement de l'e-commerce a entraîné la destruction nette de 81 000 emplois en France.
(DR)
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Entre 2007 et 2018, le développement de l'e-commerce a entraîné la destruction nette de 81 000 emplois en France.
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Le calendrier n’est plus qu’un vague repère. Si la date officielle du Black Friday 2025 est fixée au vendredi 28 novembre, la mécanique promotionnelle a depuis longtemps dépassé ce cadre. L’événement, importé par Amazon en 2010 et désormais connu de 92 % des Français, s’est transformé en « Black Week ». Les hostilités commerciales ont débuté dès ce lundi 24 novembre et se prolongeront jusqu’au « Cyber Monday » du 1er décembre, certaines enseignes n’hésitant plus à parler de « Black Month ».
Cela répond à un double impératif : permettre aux plateformes de lisser leurs flux logistiques et capter le pouvoir d’achat le plus tôt possible. Cette année, plus de sept Français sur dix comptent participer à l’événement, une hausse de 9 points par rapport à 2022.
Loin d’être une fête de la consommation débridée, l’édition 2025 s’apparente à une opération de survie budgétaire. Selon le Boston Consulting Group (BCG), le budget moyen alloué grimpe à 345 euros, soit une augmentation de 8 %. Ce chiffre cache une réalité sociale tendue : 78 % des acheteurs (+6 points) déclarent rechercher activement des promotions pour faire face à l’inflation.
Cette quête du prix bas intervient dans un contexte de fragilité financière accrue des ménages. Les statistiques d’octobre 2025 révèlent une hausse inquiétante de 13,5 % des dossiers de surendettement sur un an. Le Black Friday devient ainsi un levier d’optimisation indispensable pour les achats de Noël, transformant la consommation plaisir en consommation sous contrainte.
La traduction physique de ces clics se mesure dans les centres de tri. La part de marché logistique des plateformes asiatiques a explosé. Temu et Shein représentent désormais 22 % des volumes de colis traités par La Poste, contre moins de 5 % il y a cinq ans.
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Cette domination sature les réseaux de distribution et impose une pression concurrentielle que le législateur tente tardivement de réguler. L’Assemblée nationale a validé en novembre une taxe de 2 euros par colis pour les envois de moins de 150 euros hors UE. Prévue pour le 1er janvier 2026, cette mesure devrait rapporter entre 500 et 600 millions d’euros par an, destinés à financer le renforcement des douanes.
Si les cartons s’empilent, les boutiques se vident. La corrélation entre l’essor de ces événements en ligne et la destruction du tissu commercial physique est désormais quantifiée. Entre 2007 et 2018, le développement de l’e-commerce a entraîné la destruction nette de 81 000 emplois en France. Et désormais, ce sont 68 000 postes supplémentaires qui pourraient disparaître d’ici à 2028.
Sur le terrain, la « désertification » des centres-villes s’accélère. Le taux de vacance commerciale a presque doublé en deux ans, passant de 5,94 % en 2004 à 10,85 % en 2024. Le secteur de l’habillement est en première ligne avec 886 fermetures nettes et 1 422 défaillances d’entreprises enregistrées rien que sur l’année 2024.
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