Soldes : les promotions auront-elles raison des commerces indépendants ?
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Les soldes débutent ce mercredi 8 janvier.
Hans Lucas. Reuters Connect
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Les soldes débutent ce mercredi 8 janvier.
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A l'instar du ciel parisien, les commerçants indépendants font grise mine en ce premier jour des soldes d'hiver. Jadis attendues de pied ferme - comme celles d'été -, c'est devenu un moment redouté par ces revendeurs multimarques dont la clientèle fait de plus en plus défaut, happée par des promotions quasi constantes ailleurs dans le commerce. De quoi fragiliser un peu plus ces boutiques qui, il y a une trentaine d'années, avaient pourtant pignon sur rue.
C'était « le premier circuit de distribution, rappelle Gildas Minvielle, directeur de l'observatoire économique de l'Institut français de la mode (IFM). La part de marché du commerce de détail multimarque indépendant était supérieure à celle des chaînes spécialisées ».
Et comme pour tous les commerçants du prêt-à-porter, les soldes étaient l'un des moments forts de l'année. D'hiver comme d'été, cette période de promotion était l'occasion pour eux d'écouler la collection en cours pour faire place à la nouvelle. En un mot : destocker. Et pour les clients, l'opportunité de faire une bonne affaire, les poussant à faire la queue devant les magasins, poser un jour de congé pour l'occasion... Mais cette année, comme les précédentes, « les prévisions sont négatives, soupire Patrick Aboukrat, président régional de la Fédération nationale de l'habillement Île-de-France. Les soldes d'hiver n'ont plus l'effet festif qu'elles devraient avoir ».
Car, « ils arrivent en bout de course », résume Bénédicte Gualbert, responsable d'études à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris Ile-de-France. De fait, la clientèle a déjà pu bénéficier de remises, lors des ventes privées notamment, avant même les soldes. Selon une enquête de la CCI, 73% des commerçants en ont d'ailleurs réalisé cet hiver.
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Depuis 2009, l'article 98 de la loi sur la modernisation de l'économie (LME) permet à chaque commerçant d'organiser deux semaines de soldes complémentaires, librement choisies. Des soldes flottants auxquels se sont ajoutées bien d'autres périodes de promotion, comme le Black Friday. Celui-ci a lieu fin novembre, soit très proche des véritables soldes et capte une partie du budget qui auraient pu être dépensé pendant ceux-ci. Patrick Aboukrat en fait d'ores et déjà l'amer constat : « On a eu un très bon départ de saison à Paris, en tout cas en septembre et octobre, mais dès le mois de novembre, nous avons subi le contrecoup des opérations promotionnelles des grands magasins et des enseignes ». Ce qui ne laisse pas présager d'une forte affluence dans les jours à venir.