Face à la crise du logement, particulièrement prégnante sur la Côte d’Azur, les professionnels multiplient les propositions dans la perspective des prochaines Municipales. Sans grandes illusions.Cinq ans après la publication d’un premier « Manifeste de la Filière Immobilier pour un territoire intelligent et durable », les professionnels azuréens de l’acte de bâtir remettent l’ouvrage sur l’établi, histoire de peser un temps soit peu à l’approche des Municipales de 2026. Sans grandes illusions toutefois. « Le Manifeste de 2021 visait à informer et à alerter les pouvoirs publics locaux sur l’impérieuse nécessité de faire du logement. Cent soixante communes avaient alors été sollicitées, seules trois avaient répondu présentes, soulignant le caractère tabou du sujet qui, cinq ans après, reste plus que jamais d’actualité », relève, un brin désabusé, Cyril Messika, président de l’Observatoire Immobilier de l’Habitat (OIH) des Alpes-Maritimes.
Ce collectif piloté par la CCI Nice Côte d’Azur regroupe l’ensemble des acteurs locaux de la filière, des promoteurs aux banques, des agences immobilières aux notaires, des constructeurs aux énergéticiens. Depuis plusieurs mois, tout ce petit monde phosphore pour réactualiser le document par rapport aux « polycrises » qui ont percuté le marché du logement post-covid, dans un contexte de déficit structurel chronique, tant de l’offre que de la demande, impactant en premier lieu les actifs et les primo-accédants.
Une situation en trompe-l’œil
Il faut dire que le marché de l’habitat dans les Alpes-Maritimes présente en ce premier semestre 2025 un double visage. Positif à première vue, avec un marché de l’existant en progression de 5,2% en volume, porté par les résidences secondaires, les retraités et la clientèle internationale, et des ventes dans le neuf qui bondissent de 20%, soutenues essentiellement par la vente en bloc et la livraison de programmes réglementés, notamment à destination des étudiants. En queue de peloton, le logement libre, qui sursaute d’un petit 10% après des années de marasme. Les prix, eux, se stabilisent mais sur un palier haut, tant sur l’ancien (4 750€/m²) que sur le neuf (6 712€/m²), conduisant à une offre certes réelle, mais haut de gamme, donc inatteignable pour la plupart des habitants.