Le ministère du Logement confirme la réouverture du guichet MaPrimeRénov’ ce lundi 23 février à midi. Si le déblocage budgétaire met fin à deux mois de paralysie, les délais d’instruction records menacent désormais la survie des TPE du secteur.
Le ministère de la Ville et du Logement met fin à l’incertitude. La promulgation du budget de l’État pour l’exercice 2026 permet la réouverture opérationnelle du guichet de demande d’aides à la rénovation énergétique. Dès lundi 23 février à midi, le dispositif MaPrimeRénov’, ainsi que l’ensemble des aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), redeviendront accessibles aux ménages et aux professionnels.
Cette reprise intervient après une période de suspension critique entamée au début de l’année 2025. Faute de crédits votés, l’instruction des dossiers était à l’arrêt, figeant des milliers de chantiers à travers le pays. L’adoption définitive de la loi de finances doit désormais permettre de traiter les demandes restées en souffrance depuis la fin de l’année 2025 et d’enregistrer les nouveaux dossiers de travaux.
Des délais d’instruction de six mois pour les rénovations d’ampleur
Le soulagement du secteur reste cependant teinté d’inquiétude face à l’inertie administrative accumulée. Le cabinet du ministre Vincent Jeanbrun prévient : la suspension prolongée du dispositif a dégradé les indicateurs de performance. Les délais moyens de réponse s’allongent de manière significative. Il faut désormais compter plus de six mois pour obtenir une réponse concernant les projets de rénovation d’ampleur.
Pour les opérations plus simples, constituées d’un geste de travaux unique, l’attente est désormais de trois mois. Cette lenteur administrative pèse directement sur la trésorerie des petites et moyennes entreprises du bâtiment, souvent contraintes d’attendre l’accord de subvention pour valider les devis et engager les commandes de matériaux.
Accompagnement obligatoire et critères d’éligibilité 2026
Le ministère rappelle le durcissement du parcours utilisateur pour sécuriser les fonds publics. Pour tout projet de rénovation énergétique globale, un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais une étape obligatoire avant tout dépôt de demande d’aide. Cette mesure vise à orienter les propriétaires vers les solutions les plus efficaces thermiquement.
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Le dispositif sort d’une séquence mouvementée. À l’été 2025, le volet dédié aux rénovations d’ampleur avait été suspendu suite à un afflux de demandes et à la multiplication des tentatives de fraudes. Depuis septembre dernier, l’accès était réservé aux ménages très modestes avec un barème restreint. À compter de lundi, l’ouverture redevient universelle : tous les ménages, quels que soient leurs revenus, pourront à nouveau solliciter une subvention. Les barèmes appliqués seront ceux annoncés au milieu de l’année 2025.
Un budget de 4,1 milliards d’euros sous tension
Les ambitions comptables pour l’année 2026 sont désormais fixées. L’enveloppe globale allouée au dispositif s’élève à 3,6 milliards d’euros de crédits d’État. Ce financement est complété par 500 millions d’euros issus des certificats d’économie d’énergie (CEE), les aides versées par les fournisseurs d’énergie.
L’Agence nationale de l’habitat s’est fixée pour objectif de financer 150 000 opérations de travaux isolés, tels que le changement de fenêtres ou de chaudières. Concernant les rénovations globales, la cible est de 120 000 dossiers, répartis entre 68 000 logements en copropriété et 52 000 maisons individuelles.
Un objectif 2026 déjà amputé par le stock de dossiers en attente
La capacité réelle du dispositif à soutenir le marché en 2026 interroge les observateurs. Les objectifs affichés par l’Anah sont mécaniquement réduits par le passif accumulé durant la vacance budgétaire. Sur les volumes prévus pour l’année, 83 000 dossiers correspondent en réalité à des demandes déjà déposées et suspendues fin 2025.
Cette situation de « stock » limite la portée de la réouverture pour les nouveaux entrants sur le marché de la rénovation. L’encombrement des services d’instruction et la consommation immédiate d’une partie des crédits par les dossiers anciens créent un goulot d’étranglement pour le reste de l’exercice annuel.