Le Premier ministre démissionnaire a fait savoir, mercredi 8 octobre, qu’un compromis entre les partis politiques existerait pour réduire le déficit « en dessous de 5 % » l’année prochaine. Un effort moindre par rapport à l’objectif de 4,7 % encore affiché il y a dix jours par l’exécutif.
Pour la deuxième fois de la semaine, Sébastien Lecornu s’est adressé aux Français depuis le perron de Matignon. Ce mercredi 8 octobre, le Premier ministre démissionnaire a indiqué qu’après ses premières consultations avec les forces politiques (UDI, Liot, Les Républicains, Place publique, MoDem, Horizons et Renaissance) ainsi qu’avec la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et du Sénat, Gérard Larcher, il y avait « une volonté d’avoir un budget pour la France avant le 31 décembre (…) ce qui éloigne les perspectives de dissolution ».
Mais le locataire – en sursis – de Matignon a surtout donné une autre information : « Tout le monde s’accorde à dire, en tout cas dans les rendez-vous que j’ai eus hier, que la cible de déficit public doit être tenue en dessous de 5 % de déficit, c’est-à-dire, en clair, entre 4,7 % et 5 % de manière définitive. »
Sans le dire explicitement, Sébastien Lecornu a donc choisi de lâcher du lest sur la réduction du déficit en abandonnant l’objectif qu’il avait lui-même fixé à 4,7 % (141 milliards d’euros) à la fin 2026. Le 26 septembre, dans son entretien au Parisien qui a fait couler tant d’encre, il affirmait encore : « Je présenterai un projet robuste aux alentours de 4,7 %, compte tenu du fait que j’ai décidé de ne pas imposer aux Français de renoncer à deux jours fériés sans être rémunérés. »
Une marge de 9 milliards d’euros
Cette marge prise par le Premier ministre démissionnaire entre « 4,7 % et 5 % » de déficit public, fin 2026, n’est toutefois pas anodine. Elle représente 0,3 point de PIB, soit environ 9 milliards d’euros. Et elle rend d’ores et déjà caduc le projet de loi de finances étudié par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) depuis la fin de la semaine dernière.
« Cette déclaration, qui intervient à un moment où il n’y a ni alliances politiques, ni budget, vise à rassurer la Commission européenne et les marchés financiers, analyse Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode. Mais elle suscite plus d’interrogations qu’elle n’apporte de réponses. »
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