Un dispositif qui permet de ne pas revaloriser les barèmes des principaux impôts des Français, comme c’est le cas normalement afin de compenser l’inflation. Mais qui n’est pas sans conséquences sur le niveau de vie des Français.Faire de 2026 une « année blanche ». Voilà l’une des mesures phares qui pourrait figurer dans le projet de budget 2026 dévoilé ce mardi en Conseil des ministres.
Cette idée, proposée initialement par Michel Barnier fin 2024 et reprise par François Bayrou, prévoit entre autres de ne pas revaloriser les barèmes des principaux impôts des Français. Concrètement, cela signifie que les seuils des différentes tranches de l’impôt sur le revenu (IR) et de la CSG (prélevés sur les pensions et les allocations chômage) ne seront pas modifiés.
En tant normal, ces différentes tranches sont relevées chaque année pour suivre les augmentations de salaires réalisées afin de compenser l’inflation. Ainsi, en 2024, la première tranche intégrait les revenus 2023 allant 0 et 11 294 euros de revenus bruts. Un plafond rehaussé cette année à 11 497 euros de revenus.
Baisse du pouvoir d’achat des Français
Sauf qu’en 2026, les choses devraient changer… ou plutôt se figer exceptionnellement. Lors de la dernière période déclarative, les revenus 2024 inférieurs à 11 497 euros ont été exonérés quand ceux entre 11 497 et 29 315 euros ont été imposés à 11 %, ceux jusqu’à 83 823 à 30 %, ceux jusqu’à 180 294 euros à 41 % et tous les revenus au-dessus de cette dernière tranche ont été imposés à 45 %. Des seuils reconduits l’année prochaine alors que l’inflation a, elle, augmenté de 1,2 % sur un an en septembre.
Indirectement, ce mécanisme permet donc d’augmenter les impôts. Des ménages qui étaient par exemple en dessous de la première tranche d’imposition peuvent devenir imposables s’ils connaissent une légère hausse de leurs revenus. Dit autrement, le gel du barème peut les faire entrer dans l’imposition au revenu. D’autres ménages déjà imposés peuvent basculer dans la tranche supérieure sans que le gouvernement hausse les taux d’imposition. C’est l’illusion d’une stabilité fiscale.