Les patrons au bord de la crise de nerfs face à l’instabilité politique
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Le quartier d’affaires de la Défense à Paris.
GFM/js/ - REUTERS - Gonzalo Fuentes
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Le quartier d’affaires de la Défense à Paris.
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EXCLUSIF. Les secousses de la dissolution de l’Assemblée nationale continuent de faire trembler l’économie tricolore. Et, l’arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon ne risque pas de mettre fin aux inquiétudes des milieux dirigeants. 59 % des chefs d’entreprise considèrent que la situation politique actuelle a un impact négatif sur la consommation des ménages. Et, 27 % considèrent que c’est déjà le cas, selon la Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI.
Des résultats qui viennent confirmer la conjoncture morose de l’économie tricolore. L’OFCE dans son ouvrage sur L’Économie française 2026 (La Découverte/septembre 2025) rappelle que « les incertitudes sur le plan national restent très élevées, et même en supposant qu’elles se dissipent, progressivement dans les mois à venir, la croissance du PIB gardera des stigmates durant l’année en cours ». L’envolée de l’incertitude et la censure du budget fin 2024 ont amputé la croissance de 0,3 point de PIB, ont calculé les économistes du centre de recherches associé à Sciences-Po. L’OFCE table sur une stagnation du pouvoir d’achat des Français (+0,3 %) en 2025 et une baisse en 2026 (-0,4). À cela s’ajoute la politique commerciale chaotique du président américain qui a plongé les entreprises dans l’incrédulité. « C’est un écœurement profond concernant le jeu actuel entre partis politiques », s’agace ainsi Marc Prikazsky, le PDG de Ceva Santé. Celui qui est également président du club des ETI de Nouvelle-Aquitaine tire aussi à boulets rouges sur le projet de taxe Zucman. « Il y a une exaspération que je n’avais jamais vue vis-à-vis de la déconnexion des responsables politiques avec la situation micro-économique… », confirme un autre industriel girondin.
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Outre la consommation des ménages, 54 % des répondants affirment que la situation politique actuelle a des répercussions négatives sur leurs entreprises. Et 18 % indiquent que c’est déjà le cas. Là encore, l’OFCE prévoit en 2025 un recul de l’investissement des entreprises (Formation brute de capital fixe/FBCF) de 1 % après une chute en 2024 encore plus marquée (-1,6 %) en 2024. Dans la Grande consultation des entrepreneurs (GCE), près de la moitié des chefs d’entreprise estiment que la crise politique va contribuer à annuler ou à mettre sur pause des projets d’investissements. Sur les recrutements, 39 % des répondants expliquent que cette instabilité pourrait annuler ou reporter des embauches.