Le président américain Donald Trump tient une réunion bilatérale avec le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte lors du Forum économique mondial (WEF) à Davos en Suisse.
REUTERS - Jonathan Ernst
Bases souveraines, renégociation du traité… Les pistes de l’accord autour du Groenland
À Davos, le président américain a annoncé avoir établi les grandes lignes d'un futur accord sur le Groenland avec le chef de l'Otan Mark Rutte. Si rien n'a été acté, des solutions comme une renégociation du traité de 1951 ou encore l'établissement de bases militaires souveraines seraient envisagées.
Pas de droits de douane et pas d’usage de la force. Sur le dossier du Groenland, Donald Trump a fait marche arrière après avoir proféré de nombreuses menaces ces dernières semaines. Le milliardaire tente d’acquérir à tout prix le territoire autonome appartenant au Danemark. Il a même annoncé des tarifs douaniers sur huit pays européens, dont la France, s’il ne parvenait pas à ses fins. Mais lors de son discours au forum économique de Davos, il a rassuré sur un point : « Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force ». « Je demande des négociations immédiates pour acquérir le Groenland », a-t-il conclu devant les dirigeants, chefs d’entreprise et milliardaires du monde entier réunis dans les Alpes suisses.
Chose promise, chose due.
À la suite de son discours, le président américain s’est entretenu notamment avec le chef de l'Otan Mark Rutte. Des discussions qui ont été prolifiques puisque Trump a salué « une réunion très productive » sur son réseau Truth Social. « Nous avons établi les grandes lignes d'un futur accord concernant le Groenland et, en fait, toute la région arctique. Si elle aboutit, cette solution sera très avantageuse pour les États-Unis d'Amérique et tous les pays membres de l'OTAN », a-t-il écrit. Mieux, le président renonce à imposer les droits de douane promis au 1er février « sur la base de cet accord ».
Les contours de l'« accord » restent cependant flous. Le chef de l’Otan a précisé que la souveraineté du Groenland n’avait « pas été abordée lors de (ses) discussions avec le président ». Mais à Davos, des responsables de l’OTAN auraient échangé sur une possible souveraineté des États-Unis sur des petites portions de terres pour installer leurs bases militaires, rapporte le New York Times.
Une solution qui s’inspirerait du modèle des bases britanniques à Chypre. Le Royaume-Uni possède deux bases militaires souveraines, Akrotiri et Dhekelia, dans ce territoire situé à l’est de la Méditerranée, et qui a été une colonie britannique jusqu'en 1960.
Après la guerre d'indépendance (1955-1959), les Britanniques ont voulu absolument conserver ces deux bases situées à des points stratégiques dans la Méditerranée et signent ainsi les accords de Londres. Un accord en 2002 vient garantir que le Royaume-Uni n’exploite les deux bases qu’à des fins militaires.
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Au Groenland, les États-Unis ne possèdent plus qu’une seule base militaire à Pituffik, en place depuis la Seconde Guerre mondiale, à l'époque où les troupes américaines s'étaient installées sur l'île. Une présence qui avait notamment permis d'aider l'opération de débarquement sur les côtes françaises le 6 juin 1944 (Overlord). Le traité de 1951 signé dans le cadre de l’Otan, et revu en 2004, autorise les Américains à établir des bases militaires, mais sans aucun transfert de souveraineté territoriale. D’après une source proche des discussions citée par l’AFP, les États-Unis et le Danemark pourraient ainsi renégocier l’accord de défense de 1951 sur le Groenland.
La base spatiale de Pituffik, anciennement nommée Thulé, est la base la plus septentrionale des États-Unis. Elle est un des maillons de la défense aérospatiale des Américains. Plus largement, selon Donald Trump, le Groenland est un territoire clé pour la défense de l’Amérique du Nord. Acquérir le Groenland relève surtout « d’un intérêt stratégique de défense », les États-Unis en ont besoin pour des « questions de sécurité nationale » face aux Chinois et aux Russes, a-t-il plaidé lors de son discours mercredi.
Le milliardaire compte surtout sur le territoire pour construire son Dôme d’Or, le bouclier antimissile américain censé contrer les missiles de croisière, hypersoniques et balistiques. Des « discussions supplémentaires sont en cours » sur ce sujet, a confié le président américain.