Somaliland : la présidence offre minerais et bases militaires aux États-Unis
latribune.fr
Le Somaliland occupe une position stratégique à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés au monde reliant l’océan Indien au canal de Suez.
Après la reconnaissance d’Israël fin 2025, la République autoproclamée du Somaliland multiplie les signaux en direction de Washington. Elle se dit prête à accorder des exclusivités minières et à accueillir des bases militaires américaines, dans un contexte régional hautement stratégique.
Le Somaliland accélère sa quête de reconnaissance internationale. Après celle d’Israël fin 2025 - une première depuis sa sécession de la Somalie en 1991 - Hargeisa se tourne désormais vers les États-Unis. « Nous sommes prêts à accorder des exclusivités (minières) aux États-Unis. Nous sommes également ouverts à l’idée d’offrir des bases militaires aux États-Unis », a déclaré le ministre de la Présidence, Khadar Hussein Abdi, lors d’un entretien réalisé samedi dans son bureau du palais présidentiel.
Selon le ministère somalilandais de l’Énergie et des Minerais, le sous-sol du territoire recèlerait du lithium, du tantale, du niobium ou encore du coltan - des minerais stratégiques pour les industries technologiques et de défense. Les études disponibles demeurent toutefois partielles, et les quantités exploitables restent à confirmer.
Le président Abdirahman Mohamed Abdullahi, dit « Irro », avait déjà évoqué ces dernières semaines la possibilité d’accorder à Israël un accès privilégié à ces ressources. « Nous pensons que nous nous mettrons d’accord sur quelque chose avec les États-Unis », a insisté Khadar Hussein Abdi.
Une position stratégique
Le Somaliland occupe une position stratégique à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés au monde reliant l’océan Indien au canal de Suez. Washington dispose déjà d’une base navale à Djibouti, pays voisin.
Interrogé sur l’éventuelle installation d’une base militaire israélienne, le ministre a indiqué « ne rien exclure » dans le cadre d’un « partenariat stratégique » en cours de négociation, qui pourrait être prochainement signé en Israël.
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Des analystes régionaux relient ce rapprochement à la proximité géographique du territoire avec le Yémen, où les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont mené de multiples attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza. Initialement, Hargeisa avait qualifié d’« allégation sans fondement » l’idée d’une base israélienne sur son sol.
Le Somaliland, qui vit en autonomie depuis 35 ans, est un territoire encore pauvre, dont les autorités ambitionnent de financer le développement par l’exploitation de ses sols, à mesure que ses soutiens internationaux se multiplieront. Mogadiscio revendique toujours son contrôle sur le territoire, appuyé par une grande partie de la communauté internationale, et notamment le monde musulman, soucieux d’éviter tout soutien à un mouvement apparemment sécessionniste.
La Turquie, important partenaire de la Somalie, « doit parler avec nous, pas avec Mogadiscio », qui « n’est pas un État fonctionnel », a réagi Khadar Hussein Abdi. « Ce sont des factions fragmentées qui siègent à Mogadiscio. Elles ne sont d’accord sur rien. Elles ne s’accordent pas sur une voie électorale. Elles ne s’accordent pas sur une Constitution, a-t-il poursuivi. Se concentrer là-dessus n’aide pas la sécurité de la région. »