Le président élu des États-Unis, Donald Trump, s’adresse aux membres des médias dans le hall principal de la Trump Tower à Manhattan, New York, États-Unis, le 6 décembre 2016.
Le président américain multiplie les menaces au deuxième jour de la paralysie budgétaire pour faire plier l’opposition. Les démocrates réclament, de leurs côtés, la prolongation de certains programmes sur l’assurance santé.
Donald Trump compte tirer pleinement parti du shutdown. Depuis mardi soir, les États-Unis sont en paralysie budgétaire après que les démocrates ont refusé de voter une extension du budget portée par les républicains.
Concrètement, les activités de l’état sont bloquées, hormis certains services essentiels comme les forces armées. La majorité des fonctionnaires sont au chômage de manière temporaire, environ 750 000, et les salaires de ceux toujours en poste sont gelés.
« La dernière chose que nous voulons avoir est un shutdown, mais il peut avoir beaucoup d’avantages », a déclaré un peu plus tôt Donald Trump mardi dans le Bureau ovale. « Nous pouvons nous débarrasser de beaucoup de choses dont nous ne voulions pas. Et ce seraient des choses démocrates. »
Et le président américain n’a pas mis longtemps avant de mettre ses menaces à exécution. L’administration compte déjà supprimer des fonds fédéraux de quelques milliards de dollars pour des projets à New York et en Californie, deux États aux mains des démocrates. Le premier devait recevoir 18 milliards pour un projet de transports publics, le second concerne un projet de réseau de production d’hydrogène vert pour une enveloppe de 1,2 milliard de dollars.
Outre la suppression de ces fonds, l’administration met aussi la pression sur les emplois. Des licenciements massifs de fonctionnaires pourraient arriver plus vite que prévu. « Le bureau du Budget (de la Maison-Blanche) travaille avec les agences fédérales pour identifier les coupes qui peuvent être faites et nous pensons que des licenciements sont imminents », a ainsi déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche.
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De son côté, le président américain a affirmé qu’il allait rencontrer Russ Vought, le chef du budget, en vue de supprimer des « agences (fédérales) démocrates dont beaucoup sont une ARNAQUE politique », a écrit le républicain sur son réseau Truth social.
Avec ces menaces, le président américain compte bien faire plier les démocrates et les forcer à voter l’extension du budget sur sept semaines proposée par les républicains. Il lui faut l’aval d’au moins huit sénateurs démocrates. Pour rappel, les démocrates tentent de faire plier le gouvernement sur la question des dépenses de santé, notamment concernant le programme d’assurance santé « Obamacare ».
De son côté, l’administration Trump fait porter la responsabilité entière du shutdown sur les démocrates. Sur son site, la Maison-Blanche évoque ainsi une « pression irresponsable exercée par les démocrates pour prendre en otage le gouvernement » qui a « entraîné un arrêt des activités paralysant, privant de salaire les travailleurs essentiels et les militaires, mettant en péril des programmes et laissant sans financement des services clés ».
Et si les démocrates ont posté sur leurs réseaux sociaux une vidéo de chatons expliquant avec ironie les raisons du shutdown selon eux, Donald Trump a, lui, posté des deepfakes (vidéos modifiées avec l’intelligence artificielle) sur Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, les deux leaders démocrates au Congrès, qui ont rapidement été taxés de « racistes ».
Mais la pression sur les démocrates va bien au-delà de la seule question du shutdown. Lors de son discours tenu devant des hauts gradés de l’armée américaine en début de semaine, Donald Trump n’a pas hésité à qualifier « d’endroits dangereux » les villes « gérées par les démocrates de la gauche radicale ». Avant de compléter : « Nous allons les remettre en ordre une par une » et « nous devrions utiliser certaines de ces villes dangereuses comme terrain d’entraînement pour nos militaires ».