Austan Goolsbee, président de la Réserve fédérale de Chicago, prend la parole lors du sommet économique du Stanford Institute for Economic Policy Research (SIEPR) à Palo Alto.
La paralysie budgétaire qui empêche la publication des chiffres sur l’emploi et sur l’inflation amène le président de la Réserve fédérale américaine de Chicago à plaider pour maintenir les taux lors de la réunion de décembre.
Le « shutdown » inquiète tous les Américains… jusqu’à la Réserve fédérale américaine. « Soyons prudents et ralentissons », a lâché, ce jeudi, le président de la Fed de Chicago Austan Goolsbee sur la chaîne de télévision CNBC.
La Chambre des représentants qui devait voter le budget pour l'année 2026 avant le 1er octobre n’a pas siégé depuis le 19 septembre. Un blocage législatif qui a créé une paralysie de l’administration fédérale historiquement longue. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont ainsi été mis au chômage technique, empêchant le bon fonctionnement de nombreux services administratifs. Un problème qui touche jusqu’à la collecte et la publication des chiffres sur les prix et l’emploi, Ô combien important pour la banque centrale américaine.
« L’absence de données officielles est plus problématique pour l’inflation que pour l’emploi », a notamment rappelé Austan Goolsbee. Avant d’ajouter que « si le marché du travail commence à mal tourner, on s’en rendra compte. Ce ne sera pas vraiment le cas pour l’inflation » a-t-il ajouté.
Flou sur la politique monétaire en 2026
Résultat : alors que tous les analystes attendent une nouvelle baisse des taux directeurs lors de la réunion de décembre, après celles réalisées en septembre et en octobre, le président du bureau de Chicago propose de faire une pause.
Un avis qui ne devrait pas changer le cours des choses selon plusieurs économistes.
« Il n’y a pas de débat au sein de la Fed si les taux ont assez baissé ou non. Tous s’accordent à dire qu’ils doivent encore diminuer le coût des crédits », assure auprès de La Tribune, Christopher Dembik, économiste chez Pictet AM qui anticipe une baisse de 0,25 point de pourcentage le mois prochain. Un constat aussi partagé par le président du bureau de Chicago.
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« Je pense que les taux devraient finir par se situer un peu plus bas qu’aujourd’hui, mais on doit d’abord y voir plus clair. »
Car le flou actuel fait surtout peser de l’incertitude sur les projections de la banque centrale pour l’année prochaine. Alors qu’elle prévoit toujours une hausse des prix contenue sous les 3 % en 2026, « il y a de moins en moins de certitudes et pas de nouveaux chiffres pour confirmer cette prévision », met en garde Christopher Dembik. Austan Goolsbee s’inquiète en particulier du sursaut d’inflation dans le secteur des services, observé dans les dernières données disponibles. « Il faut espérer que c’était une passade ».