Chute du prix de l’or : le métal jaune perd 5 % après ses records
latribune.fr
Au-delà des prises de bénéfices, ce retournement brutal s'explique par le rebond du dollar et un regain d'optimisme sur la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Le prix de l'or, après avoir progressé de 67 % et atteint un nouveau record, a dévissé de 6,3 % en quelques heures, dans un mouvement de panique sur les marchés. L'ampleur de cette chute, qualifiée d'« inévitable » par les analystes, est d’une rare violence. L'argent suit le mouvement, chutant proportionnellement plus fort.
Après un nouveau sommet historique enregistré seulement la veille, à 4 381,52 dollars l’once, l’or a dévissé en quelques heures. La baisse s’est accentuée en séance, atteignant un point bas à 4 082,03 dollars, soit une perte de 6,3 %. Un tel décrochage intrajournalier est un événement rare sur ce marché, puisqu’il faut remonter à avril 2013 pour retrouver une volatilité comparable, comme l’indique Bloomberg. À l’époque, c’était un ralentissement inattendu de la croissance chinoise qui avait créé la panique.
La chute « inévitable » après 67 % de progression
Ce recul soudain est avant tout une réaction technique. Laurent Schwartz, président du Comptoir national de l’or, le confirme sans ambiguïté : « Le prix de l’or subit actuellement des prises de bénéfices après des sommets récents ». L’ampleur de la progression des derniers mois rendait cette correction hautement probable. Le métal jaune avait, en effet, gagné environ 67 % de sa valeur depuis le 1er janvier, avec une accélération spectaculaire observée ces deux derniers mois.
Cette trajectoire haussière, qui a vu l’or battre record sur record, était alimentée par un cocktail d’incertitudes macroéconomiques et géopolitiques. La paralysie budgétaire aux États-Unis, les tensions liées à la guerre commerciale orchestrée par Donald Trump et l’accumulation des risques géopolitiques ont érodé la confiance dans le dollar, poussant les investisseurs à se rabattre sur le métal physique.
L’espoir de trêve commerciale sino-américaine change la donne
L’explication de ce retournement n’est pas uniquement technique. Selon Fawad Razaqzada, analyste chez City Index, la chute était « inévitable » mais plusieurs facteurs de marché ont agi de concert pour catalyser cette vente massive en début de semaine.
Le premier élément est un regain d’optimisme sur la scène internationale. L’espoir d’une prolongation de la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine a redonné de l’appétit pour le risque aux investisseurs. Quand la perception du risque global s’améliore, l’attrait pour l’or – la valeur refuge par excellence – diminue mécaniquement.
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À cela s’ajoute le rebond du dollar américain. Traditionnellement, un dollar fort exerce une pression à la baisse sur le prix de l’or, libellé dans cette devise. Enfin, l’anticipation d’une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine, qui avait initialement servi de catalyseur à la hausse du métal jaune ces derniers mois, semble ne plus suffire à compenser ces signaux de marché.
Le mouvement de panique ne s’est pas limité au seul or. L’argent, autre actif de réserve et valeur étalon pour l’industrie, a reculé dans le sillage de son aîné. La baisse est même proportionnellement plus importante : le cours de l’argent a reculé de 6,82 %, s’échangeant à 48,8670 dollars l’once au moment de la correction. Les dernières baisses de plus de 5 % pour l’or remonteraient à 2020, pendant les premiers mois de la pandémie de Covid, rappelant la violence du mouvement en cours.