Comment vérifier que votre Plan d’épargne retraite est (vraiment) performant ?

Un million de nouveaux PER ont été ouverts en 2025.
LTD/Shutterstock

Un million de nouveaux PER ont été ouverts en 2025.
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Deux mots magiques réunis dans un seul et même produit : retraite et fiscalité ! Le Plan d’épargne retraite (PER) vous incite à épargner pour vos vieux jours en vous offrant un avantage fiscal conséquent. D’où son succès. Depuis la loi Pacte de 2019 qui l’a modernisé, il vole de record en record. Un million de nouveaux PER ont été ouverts en 2025 et il compte désormais près de 8 millions d’assurés.
Son principal atout ? Il vous permet de défiscaliser jusqu’à 10 % de vos revenus professionnels ! Chaque fois que vous versez de l’argent sur votre PER, vous pouvez déduire cette somme de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de votre salaire et avec un plafond de 3. 680 euros en 2026 (il faut donc gagner 376.800 euros par an pour l’atteindre).
Plus vous êtes imposé, plus c’est efficace. Si, par exemple, vous percevez 60.000 euros annuels, vous pouvez verser et déduire 6.000 euros. Vous économiserez alors 2.460 euros d’impôts si vous êtes dans la tranche à 41 %, ou 1.800 euros si vous êtes dans celle à 30 %. C’est, sans conteste, le produit d’épargne financière le plus efficace fiscalement.
En fonction de ses revenus professionnels, chacun dispose de son propre plafond de déductibilité. Vous pouvez le calculer, ou attendre de recevoir votre avis d’imposition, fin juillet, dans lequel cela sera clairement indiqué pour 2026. Seront également répertoriés le solde de vos plafonds non consommés de 2025, de 2024 et de 2023. Et vous pourrez déduire l’ensemble de ces sommes de votre revenu imposable en 2026.
C’est la beauté du PER : les plafonds non utilisés les années précédentes sont reportables sur trois ans – et désormais sur cinq ans à compter du plafond de 2026, selon la dernière loi de finances. Mieux, vous pouvez même utiliser les plafonds non consommés de votre conjoint, soit potentiellement huit plafonds déductibles (quatre pour lui, quatre pour vous) cette année !
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Problème : les épargnants se laissent trop souvent aveugler par cette efficacité fiscale à en oublier de vérifier si leur PER est véritablement à la hauteur. L’objectif est de préparer sa retraite, et la moindre des choses est qu’il affiche une bonne performance financière ou, tout au moins, un rendement acceptable, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
Changer de fournisseur de PER est, à la différence de l’assurance-vie, autorisé par la loi. Il ne faut pas hésiter. L’opération de transfert d’un assureur à un autre est gratuite pour les plans qui ont plus de cinq ans (les frais sont plafonnés à 1 % avant cinq ans). C’est donc le moment, si vous détenez un PER ouvert juste après la loi Pacte de 2019, de faire un bilan et, s’il le faut, un petit tour du côté de la concurrence !
Avant tout, « vérifiez que la valeur de votre épargne est supérieure au cumul de vos versements, conseille Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money. Cela paraît évident, et pourtant ce n’est pas toujours le cas, en raison notamment de frais d’entrée prélevés sur les versements, qui peuvent monter jusqu’à 5 %, la moyenne du marché se situant à 3,5 %. »
Certaines compagnies en sont encore très friandes. « Sur les PER les plus anciens, quand vous versez 100 euros et que vous avez 3 % de frais d'entrée, 97 euros seulement sont investis, et il vous faut ensuite une performance d’environ 4 % pour récupérer votre mise », explique Stanislas de Vasselot, directeur général de Linxea.
Les frais de gestion prélevés tous les ans sur l’ensemble de votre épargne obèrent également la performance. Ils peuvent monter jusqu’à 1,5 %, sachant que les contrats les plus raisonnables les facturent à 0,5 % ou 0,6 %. Tout comme les frais internes aux supports financiers (unités de compte) dans lesquelles vous avez investi. Sans oublier les frais sur arbitrages, facturés jusqu’à 1 % des sommes que vous transférez d’un support financier à un autre. « Aujourd’hui, il n’y a plus de frais sur versement et sur arbitrage dans les bons contrats », explique Stanislas de Vasselot.
Comparer les frais, c’est facile à faire : ils sont affichés sur les sites des assureurs. « C’est souvent le principal moteur du changement, remarque Marc Tempelman, co-fondateur de Cashbee, plateforme digitale d’investissement. Plus les frais sont élevés, plus ils rongent les performances financières des plans, et cela va entraîner une déception qui va pousser les épargnants à comparer les frais et à changer de fournisseur. »
Comparer les performances financières de votre PER avec ce qui se pratique sur le marché est plus compliqué, voire quasiment impossible ! Dans plus de 90 % des cas, vous déléguez la gestion financière à votre assureur via des profils de gestion (sécuritaire, équilibré ou dynamique).
Ces profils, construits pour la retraite, sont « à horizon », ce qui signifie que plus vous approchez de votre âge de départ, plus votre épargne est désensibilisée et progressivement basculée des supports financiers à risques vers des instruments sécurisés, comme – le plus souvent – le fonds garanti en euros. Le but étant d’éviter d’encaisser une grosse perte sur les marchés financiers la veille de votre départ à la retraite.
Mais, du coup, pour un même profil, chaque assuré, selon sa tranche d'âge, aura sa propre performance et, à l’intérieur de chaque tranche, celle-ci peut même varier selon les moments où vous avez effectué vos versements ! Un casse-tête qui conduit les assureurs à rester discrets sur les performances de leur PER (à l’exception de Yomoni, notamment, qui les affiche sur son site).
Conséquence : vous connaissez la vôtre en fin d’année, mais rarement celle des autres. Comment s’en sortir ? « Si vous êtes sur un profil sécuritaire, votre performance doit, en moyenne sur cinq ans, être supérieure à celle du fonds en euros de votre assureur. Sur un profil équilibré, elle doit l’être de + 1,5 % – toujours par rapport au fonds garanti en euros –, et de + 3 % sur un profil dynamique. À défaut, un changement d’assureur est à étudier », recommande Cyrille Chartier-Kastler.
Rassurez-vous, il suffit pour cela de remplir un document et de l’envoyer à votre assureur initial. « Chez nous, tout se fait en ligne », dit Xavier Prin, directeur marketing et communication de BoursoBank. Ce n’est pas chronophage, mais long ! « En moyenne, deux mois », selon Stanislas de Vasselot. Armez-vous de patience, cela en vaut la peine.