L’écrasant succès du PER, un produit de défiscalisation massive

Le PER est l’unique produit d’épargne à procurer un gros avantage fiscal à l’entrée, lors de vos versements.
LTD/Stéphanie Lecocq/REUTERS

Le PER est l’unique produit d’épargne à procurer un gros avantage fiscal à l’entrée, lors de vos versements.
LTD/Stéphanie Lecocq/REUTERS
Un million d’assurés en plus en 2025, pour un total de près de 8 millions de détenteurs… Le succès du plan d’épargne retraite (PER) assurantiel ne se dément pas. Les Français ont bien compris qu’il fallait qu’ils prennent leur avenir en main, eu égard à l’état du système de retraite. Il y a, en effet, toujours moins d’actifs pour financer les pensions, et les retraites décrochent par rapport aux salaires.
Un non-cadre né en 1960 touche actuellement une pension égale à 75 % de son dernier salaire, mais ce pourcentage ne sera plus que de 70 % pour celui né en 1980 et de 68 % pour celui né en 2000. Pour les cadres, c’est pire : 51 % du dernier salaire actuellement, 48 % pour celui né en 1980 et 45 % pour la génération 2000 ! Pour les indépendants, il faut compter « entre 35 % et 40 % », selon Jérôme Barthélémy, agent général Axa Prévoyance et Patrimoine.
D’où le PER, produit financier au fonctionnement quasi identique à celui de l’assurance-vie, largement simplifié par la loi Pacte de 2019 qui a, notamment, autorisé la sortie en capital et plus seulement en rente viagère. Le PER est, surtout, l’unique produit d’épargne à procurer un gros avantage fiscal à l’entrée, lors de vos versements.
Le dispositif est simple : chaque fois que vous y versez de l’argent, vous pouvez déduire ces versements de votre revenu imposable. En intégralité, s’ils ne dépassent pas un certain montant, fixé à 10 % de vos revenus professionnels, plafonnés à 37.680 euros en 2026 (les indépendants ont un plafond plus élevé de 88.911 euros). Vous bénéficiez d’un nouveau plafond de versement chaque année.
Quelqu’un qui a un revenu d’activité professionnelle annuel de 50.000 euros, par exemple, pourra verser sur son PER – et donc déduire ensuite – 5 000 euros (10 %) de son revenu imposable. S’il est dans la tranche d’imposition à 30 %, l’économie d’impôt est de 1 500 euros, s’il est dans la tranche à 41 % elle monte à 2 050 euros, etc. Plus vous êtes taxé, plus c’est intéressant.
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Vous pouvez même profiter de vos plafonds de déduction non utilisés des années précédentes (indiqués dans votre avis d’imposition). La loi de finances pour 2026 vient d’autoriser l’utilisation des plafonds non consommés des cinq dernières années, contre trois auparavant. Cela vaut pour vos propres plafonds, et aussi ceux de votre conjoint marié ou pacsé, que vous pouvez également utiliser s’ils ne l’ont pas déjà été (les plafonds sont mutualisables, dans un couple). De quoi faire de gros versements procurant une jolie économie d’impôt ! Attention cependant, les députés viennent de voter la suppression de ces avantages fiscaux pour les versements faits sur un PER à compter de l’âge de 70 ans.
Revers de la médaille, en échange de la fiscalité avantageuse, l’État vous oblige à bloquer votre épargne jusqu’à la retraite. Sauf pour acheter votre résidence principale ou dans un des cas de force majeure prévu par la loi (invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage et cessation d’activité non salariée). Veillez donc à n’y investir que des sommes dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin d’ici la retraite.
Si l’ouverture d’un PER est toujours conseillée si vous êtes dans une des tranches hautes du barème de l’impôt (30 %, 41 % ou 45 %), passez votre chemin dans les autres cas. « Si vous n’êtes pas imposable ou que vous êtes dans la tranche à 11 %, le PER n’a aucun intérêt, votre gain fiscal sera faible (11 % de vos versements), alors que vous serez bloqué jusqu’à la retraite, explique Marc Boughdad, ingénieur patrimonial à la MACSF. Dans ce cas, préférez l’assurance-vie, beaucoup plus souple. »
Mais attention, le mécanisme du PER est ainsi fait que ce que l’État donne à l’entrée, il le reprend à la sortie. Quand vous récupérez votre épargne au moment de la retraite, vos gains sont taxés à la Flat Tax (désormais 31,4 % avec la hausse des prélèvements sociaux, contre 30 % l’an dernier), et la partie qui représente vos versements, donc votre capital, est réintégrée dans vos revenus imposables et taxée dans votre tranche d’imposition ! Si vous êtes dans une tranche à 41 % quand vous êtes actifs et que vous basculez dans la tranche inférieure à la retraite (30 %), vous êtes gagnant.
Mais quid si vous restez dans la même tranche d’imposition ? La tranche à 30 %, par exemple, est très large (y entrent ceux qui gagnent entre 29.579 euros et 84.576 euros en 2026) : vous pouvez y être avec votre bon salaire d’actif et y rester avec votre retraite plus modeste ! Dans cette situation, faut-il sauter le pas ? « Oui, parce que vous profitez d’un différé d’imposition très bénéfique », selon Guillaume Berthiaux, président de Sofidy gestion Privée. « Si vous versez 100, avec l’avantage fiscal, votre effort d’épargne n’est plus que de 70, mais ce sont bien les 100 qui produisent des intérêts. Des intérêts qui font des petits, cet effet boule de neige vous permettant de vous constituer un capital plus solide pour la retraite », explique Marc Boughdad.
Reste à trouver le bon PER. Il fonctionne comme l’assurance-vie, avec un fonds garanti en euros et d’autres supports financiers plus dynamiques. Vous pouvez laisser la gestion à votre assureur, qui selon votre profil, vous proposera une gestion prudente (performances supérieures de 1 % à 2 % au fonds en euros), équilibrée (de 2 % à 4 % de mieux) ou dynamique (de 4 % à 6 % de mieux). Si les performances financières ne sont pas au rendez-vous, n’hésitez pas à changer d’assureur. Vous pouvez le faire sans frais pour tout PER de plus de 5 ans.