Viager, PER... Comment optimiser sa retraite ?
Marc Fiorentino

Face à l'échec du conclave des retraites, les Français devraient miser sur leur propres financements.
LTD/SHUTTERSTOCK
Marc Fiorentino

Face à l'échec du conclave des retraites, les Français devraient miser sur leur propres financements.
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Le énième conclave sur les retraites s'est soldé par un énième échec. Sujet politiquement sensible, la capitalisation reste taboue dans les négociations collectives. Résultat : vous devez vous débrouiller seul pour capitaliser pour votre retraite, en utilisant les placements à votre disposition. Heureusement, ces produits offrent un avantage de taille : une carotte fiscale, et ce, grâce à la déduction des versements du revenu imposable.
Au milieu de nombreuses réformes ratées sur la retraite, le gouvernement a tout de même réussi à instaurer un dispositif efficace avec la loi Pacte de 2019. Le nouveau plan d'épargne retraite (PER), plus souple que les anciens dispositifs (Perp, Madelin, Préfon, Perco, article 83...), a rapidement trouvé son public. Il offre notamment plus de possibilités de sortie en capital plutôt qu'en rentes viagères. Mais surtout, l'épargnant peut regrouper, dans une seule enveloppe PER, tous ses anciens plans, grâce à un mécanisme de transfert souple et encadré.
Ce droit au transfert permet de simplifier la gestion de son épargne retraite et, souvent, de profiter de meilleures conditions : frais réduits, supports de qualité, souplesse de sortie. Il est ainsi particulièrement simple de transférer un ancien plan individuel : Perp, Madelin, Préfon, Corem. L'épargnant y gagne en lisibilité et en souplesse. La sortie en capital devient possible, ce qui est un réel changement. Attention, cependant, à certains cas spécifiques : un Perp d'une valeur inférieure à 25 .000 euros peut être liquidé à la retraite en une fois, avec une fiscalité avantageuse (PFU de 7,5 %). Conserver ce type de contrat peut s'avérer pertinent.
C'est aussi le cas du contrat Madelin pour ceux qui privilégient une sortie en rentes viagères, avec des tables de mortalité plus avantageuses que sur le nouveau PER. Il est également possible de transférer les anciens plans de retraite d'entreprise : article 83 et Perco. Si vous n'êtes plus salarié de l'entreprise d'origine, vous pouvez les transférer dans le PER de votre nouvel employeur, s'il en propose un, ou dans un PER individuel, si celui-ci propose un compartiment spécifique (ce qui est le cas de la plupart des PER nouvelle génération disponibles en ligne). Le Perco ira dans le compartiment 2 (collectif), ce qui rendra possible une sortie en capital. L'article 83, en revanche, ira dans le compartiment 3 (obligatoire), ce qui n'offre pas d'autre possibilité qu'une sortie en rente.
Si ces plans sont encore actifs dans votre entreprise actuelle, c'est plus restrictif. Le Perco permet de transférer les avoirs du compartiment collectif tous les trois ans sans fermer le plan. En revanche, l'article 83 reste non transférable tant que vous êtes salarié. Enfin, même entre nouveaux PER, les transferts sont autorisés. Vous pouvez transférer un PER d'entreprise vers un PER individuel après avoir quitté la structure. Là encore, les compartiments suivent les règles d'origine : un compartiment 3 reste soumis à une sortie en rente, même dans un PER individuel.
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Reste la question principale : combien ça coûte ? Là encore, le gouvernement a prévu des mesures de protection pour éviter que les particuliers ne se fassent massacrer sur les frais de transfert : ceux-ci sont plafonnés à 1 %, mais surtout, si le contrat transféré a plus de dix ans, ce qui en pratique est le cas sur tous les anciens dispositifs, alors le transfert est gratuit. Vous n'avez donc plus d'excuse pour moderniser et optimiser votre épargne retraite.
Marc Fiorentino