Risques, rendements, consolidation : le financement du solaire en quête de nouveaux équilibres
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La 3e édition du Solar Summit s'est tenue le 21 mai 2026 à Bordeaux.
Quentin Salinier
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La 3e édition du Solar Summit s'est tenue le 21 mai 2026 à Bordeaux.
Quentin Salinier
Le retard pris dans la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) a généré un attentisme indéniable des acteurs du solaire ces derniers mois. « Mais finalement, la reprise des appels d’offres est plutôt rassurante. L’enjeu est que ce cadre reste stable et lisible, notamment à l’approche des élections à venir afin de soutenir l’investissement dans la durée », observe Dimitri Marc, directeur commercial du green desk de BNP Paribas France, un centre d’affaires qui finance et accompagne les acteurs de la transition énergétique.
Cette reprise après l’attentisme, Laure Verhaeghe, cofondatrice et présidente de Lendosphère et Lendopolis, deux plateformes françaises de financement participatif dédiées à la transition énergétique (dont les actifs solaires représentent plus des deux tiers des projets proposés), la constate aussi. « Le maintien de l'incitation au financement participatif dans les appels d'offres PPE 3 nous donne un peu de visibilité sur ce segment-là », se félicite-t-elle.
Spécialisée dans la transaction et le financement du secteur de l’énergie, Envinergy réalise entre 65 et 70 transactions par an, essentiellement sur le marché français. « De notre point d’observation, la dynamique a toujours été là pour les cessions d’actifs de production d’énergie et de projets, avec désormais un appétit plus grand des investisseurs pour les produits dérisqués », commente Clément Prouvost, directeur du solaire chez Envinergy.
En conséquence, il devient plus délicat aujourd’hui de lever des fonds ou de financer des projets qui ne bénéficient pas d'un tarif d'achat garanti ou d'un raccordement programmé. « Côté plateformes, certaines sont aujourd’hui en cours de cessions, en tout ou partie, ou de levées de fonds. La raison que nous y voyons est que le temps de développement s'est allongé et demande toujours plus de capitaux », poursuit-il. De nombreux développeurs connaissent par conséquent une situation plutôt difficile en ce moment du côté de la trésorerie, ce qui tend à accélérer des mouvements de consolidation qui ont toujours existé.
Christian Kokocinski, responsable transition énergétique et écologique à la Banque des territoires Nouvelle-Aquitaine, insiste aussi sur le renversement du couple risque-TRI (taux de rendement interne) :
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« Il y a quinze ans, le risque était très faible et les niveaux de TRI très élevés dans le solaire. D’un modèle économique sur 20 ans pour financer de grandes infrastructures solaires, nous sommes passés à 35 ans aujourd'hui, et les niveaux de TRI sont plutôt faibles, entre 6 et 7 % », résume-t-il.
D'autant qu'un ralentissement plus marqué pourrait se ressentir dans les deux prochaines années, avec des appels d’offres qui pourraient tirer les prix vers le bas.
À l’avenir, Dimitri Marc estime donc que les projets hybrides, regroupant photovoltaïque et stockage, déjà de plus en plus nombreux, deviendront un critère de sélection discriminant. « L'énergie qui a de la valeur est celle qui est pilotable, donc qui rajoute un service stockage. Mais cela va être plus risqué, donc il faudra mettre plus de fonds propres et de quasi-fonds propres par rapport à la dette bancaire », abonde Christian Kokocinski.
Dimitri Marc pointe également un sujet de rationalisation des portefeuilles, ainsi que de parts de marché ou de taille critique après plusieurs années de croissance : « Certains acteurs étrangers se sont retirés du marché, mais il existe des acteurs français qui reprennent ces actifs, c'est rassurant ». Au-delà des grandes transactions qui attirent l’attention, Clément Prouvost n’observe pas non plus de grands départs d’investisseurs domestiques ou étrangers.
Et côté investisseurs privés, Laure Verhaeghe témoigne de la robustesse de sa base investisseurs : 75 % de ses souscripteurs sont récurrents et la base enregistre une croissance à deux chiffres chaque année. Côté bancaire, le sujet de la transition énergétique reste un sujet de fond chez BNP Paribas, à l’inverse du mouvement que connaissent certaines entreprises américaines.
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« Une stabilité juridique, un cadre foncier avec le cadastre qui permet de sécuriser les promesses de baux sans avoir à les acheter, une toute relative stabilité institutionnelle et une situation pas particulièrement favorable dans d'autres pays : tout cela contribue à l’attractivité de la France », note également Christian Kokocinski. C’est en tout cas sur cette stabilité qu’il faudra miser à l’avenir.
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