L'agglomération d'Angoulême va reconvertir une grande friche en y construisant des bâtiments d’activités. Elle espère y accueillir des projets industriels d’avenir.
Il faut attendre quelques années pour les mieux loties, voire une décennie ou plus... En France, la reconversion des friches est particulièrement longue. Le sujet n'épargne aucun territoire. Selon le rapport du Cerema paru fin 2025, le pays compte au bas mot 9 000 terrains fonciers en déshérence, pour un total de 80 000 hectares.
Sur l'un d'entre eux en Charente, à quelques kilomètres au sud d'Angoulême, les travaux pratiques devraient mettre douze ans à se concrétiser. C'est le temps qui sépare l'arrêt d'exploitation des carrières Lafarge sur la commune de La Couronne, décidé en 2016, de la reconversion du site calcaire en pôle industriel et artisanal projeté pour 2028.
À l'époque, le territoire vit un choc. « On est fin 2015, j'ai un entretien confidentiel avec les représentants de Lafarge. Ils me disent qu'ils s'apprêtent à fermer deux usines : celle du Havre et celle de La Couronne », se remémore Jean-François Dauré, tout juste réélu maire (DVG) de la commune pour un quatrième mandat.
Active pendant plus de 80 ans, la carrière dédiée à l'industrie du ciment s'étend sur une emprise de 140 hectares. Après l'arrêt de la production, la commune s'est mise à plancher sur un vaste projet de reconversion.
« On crée alors des groupes de travail avec 80 personnes », raconte encore l'élu. « Ce groupe citoyen va imaginer trois scénarios: un pour laisser aller la nature sur la totalité de la surface, une autre mixte avec de l’habitat, et un autre sur les énergies renouvelables et la reconquête d’emplois industriels. » C'est ce dernier qui est finalement retenu.
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Cellules industrielles
L'objectif est double : maintenir une partie en zone naturelle en favorisant les habitats d'espèces protégées, tout en menant une vaste opération de développement économique. Sur une cinquantaine d'hectares, des bâtiments et des infrastructures énergétiques vont être déployés.
Selon les plans que La Tribune a pu consulter, la reconversion se dessine en deux blocs. Un premier ensemble bâti fera apparaître quatre cellules à vocation industrielle, s'étendant de 8 000 à 12 000m² chacune. Il sera aménagé en lieu et place d'une ancienne halle de pré-homogénéisation de la roche calcaire, déconstruite l'an dernier.