Nucléaire : cet autre rapport qui alerte sur la modulation des réacteurs d’EDF
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La centrale nucléaire d'EDF de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher).
Thierry GRUN / AFP
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La centrale nucléaire d'EDF de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher).
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Longtemps réservés aux experts du secteur, les débats techniques sur les conséquences de la modulation des réacteurs atomiques d’EDF, s'ouvrent petit à petit à un public plus large. En témoignent les nouvelles publications sur le sujet. Alors que l’électricien doit bientôt remettre aux pouvoirs publics un rapport très attendu sur cette question afin d’éclairer sur les impacts techniques, organisationnels et économiques de ces variations de puissance, le sénateur (LR) Patrick Chaize et le député (Liot) Joël Bruneau, tous deux membres de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), viennent de présenter un rapport intitulé « Les impacts technologiques de l'évolution du mix énergétique et ses conséquences sur l'outil industriel et les réseaux », abordant notamment la question de la modulation.
Derrière ce mot se cache la capacité des réacteurs nucléaires à baisser et à augmenter leur puissance de manière plus ou moins rapide afin de s’adapter aux variations de production et de consommation d’électricité. Initialement présentée comme un atout stratégique majeur par EDF, cette aptitude tricolore pourrait bien, en réalité, constituer une fragilité. Le discours a, en tout cas, largement évolué. En effet, dans une lettre récente adressée à la Cour des comptes, Bernard Fontana, le PDG du groupe entièrement détenu par l’État, a partagé une « préoccupation grandissante s’agissant des impacts d’un recours accru à la modulation ». L’impact de ces variations de charge « soulève des questions sur le plan technologique », en termes « d’impact sur le fonctionnement des réacteurs et en matière de résilience du système électrique », a-t-il précisé.
Si le rapport parlementaire soulève davantage de questions qu’il n’apporte de réponses, ces interrogations soulignent à quel point les certitudes partagées pendant de nombreuses années n'en sont plus. « Dans ses communications officielles, jusqu’à une période très récente, l’entreprise a toujours confirmé ne pas avoir mis en évidence de conséquence pénalisante des variations de production sur le parc nucléaire français », soulignent ainsi les deux corapporteurs, avant de préciser qu’aujourd’hui « les inquiétudes d’EDF sur la modulation concernent (..) principalement ses conséquences sur le circuit secondaire, notamment en raison de son intensification ».