Marché de l’électricité : le challenger Hydrocop lève 182 millions d’euros

« Nous ne sommes plus de simples producteurs hydroélectriciens. »
Hydrocop

« Nous ne sommes plus de simples producteurs hydroélectriciens. »
Hydrocop
Il est le quatrième producteur d’hydroélectricité de France, derrière EDF qui détient 70 % du marché, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et la Société hydroélectrique du Midi (SHEM), une filiale d’Engie. Le groupe Hydrocop, dont le siège social est basé à Poitiers avec une activité dans l’est de la France pour les deux-tiers et dans le Sud-Ouest pour le tiers restant, annonce avoir levé 182 millions en dette senior auprès du groupe BPCE, La Banque Postale et Bpifrance.
L’occasion pour ce challenger de rénover et d’améliorer les ouvrages existants : 35 millions d’euros de travaux sont ainsi planifiés sur trois ans. Des augmentations de puissance sont notamment prévues sur des barrages sur le Lot et le Tarn, mais aussi des travaux de continuité écologique, le renforcement de la stabilité du barrage de Fumel (Lot-et-Garonne) et la reconstruction de deux aménagements à Lourdes (Hautes-Pyrénées).
« Ce refinancement permet d’assurer notre développement et de répondre à des opportunités d’acquisition qui pourraient se présenter », explique Jean-Éric Carré, directeur général du groupe qui vise 500 gigawattheures (GWh) de productible en 2035 contre 425 GWh aujourd’hui. « Cela peut paraître assez modeste, mais le défi est assez ambitieux dans ce secteur », souligne-t-il.
Un secteur qui manquait jusqu’à présent de visibilité en raison d’un contentieux long de vingt ans entre Paris et Bruxelles. Mais un accord de principe a été trouvé l’été dernier. Ainsi, pour ne pas être remis en concurrence, les barrages hydroélectriques actuellement concédés basculeraient vers un régime d’autorisation. « C’est une très bonne nouvelle dans le sens où la situation, difficilement tenable, interdisait les investissements et était préjudiciable pour la transition énergétique », salue Jean-Éric Carré. Les modalités d’application de cet accord de principe doivent maintenant être précisées et transposées dans la loi pour pouvoir entrer en vigueur.
En attendant, Hydrocop déroule sa stratégie qui consistera aussi à développer des outils de flexibilité tant cet enjeu devient crucial avec l’essor des énergies renouvelables. « Avec l’évolution du mix énergétique, le prix de l’énergie devient de plus en plus souvent nul voire négatif avec des périodes pendant lesquelles nous payons pour injecter notre énergie sur le marché », souligne Jean-Éric Carré.
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Hydrocop travaille donc sur trois leviers, à commencer par la mise en place de contrats d’achat d’électricité avec des clients. Le groupe prépare également le développement de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) entre deux bassins. Le principe étant de pomper l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur pour la stocker lorsque la demande électrique est faible et le prix peu élevé et de turbiner l’eau du bassin supérieur quand la demande augmente.
« C’est la version hydraulique de la réponse », explique Jean-Éric Carré. Une autre solution repose sur des projets d’hybridation qui allient centrales hydroélectriques et batteries stationnaires pour stocker la production hydraulique et la restituer aux heures où elle est plus intéressante à placer sur le marché. Des projets de stockage sont engagés. « Nous ne sommes plus de simples producteurs hydroélectriciens », souligne Jean-Éric Carré dont le groupe réalise 40 millions d’euros de chiffre d’affaires.