En 2022, l'arrêt de plusieurs centrales nucléaires en raison de travaux de réparation de corrosion, couplé à la guerre en Ukraine, faisait peser des craintes sur un potentiel manque de courant. Trois ans plus tard, le déséquilibre entre une consommation d'électricité en berne (en baisse de 7 % par rapport à l'avant crise) et une production, notamment solaire, abondante a fait passer à 326, le nombre d'heures au cours desquelles le prix de l'électricité a été négatif (les producteurs doivent payer pour écouler leur électricité) en France depuis le début d'année. Le chiffre s'élève à 133 heures pour le seul mois de mai 2025 !
Directeur du projet d'accélération des énergies renouvelables d'Enedis, Cédric Boissier rappelle que 90 à 95 % des installations d'énergies renouvelables sont raccordées au réseau de distribution. « La commande des pouvoirs publics était d'atteindre 5 à 6 GW raccordés par an d'ici 2050, de façon à atteindre la neutralité carbone. L'année dernière, nous avons fait 5,5 GW, dont 80 % en solaire. »
Il reste que cette accélération s'accompagne d'un double phénomène. « Les courbes de charge et de production du photovoltaïque provoquent un pic entre 10 et 17h. Par ailleurs, c'est plutôt la basse tension, donc les petits projets résidentiels et d'agriculteurs avec des panneaux sur le toit des hangars qui ont porté la croissance. Celle-ci s'appuie donc sur des projets qui sont moins pilotables », commente Cédric Boissier.