L'accord noué cet été entre la France et l'Union européenne concernant l'avenir des concessions hydroélectriques apporte un nouveau souffle à la filière hydroélectrique hexagonale.
Alors que la France a trouvé un accord avec l'Union européenne à l'issue d'une dizaine d'années de contentieux, la filière hydroélectrique française voit aujourd'hui « le bout du tunnel ». Une respiration, mais les défis restent grands et les investissements, eux, devront être précisés.
Les allées du dernier salon Business Hydro n'auront pas désempli à Grenoble. Pour sa dixième édition qui s'est tenue mi-octobre, l'événement aura rassemblé 2.500 visiteurs et 200 exposants, soit 20% de plus qu'en 2024. Cela ne s'explique par uniquement par le centième anniversaire de la « houille blanche », qui a fait la spécificité des Alpes françaises. L'année 2025 a surtout été marquée par l'accord noué, cet été, entre la France et l'Union européenne dans le cadre de leur contentieux autour de la mise en concurrence des concessions hydroélectriques.
Depuis une dizaine d'années, Bruxelles demande en effet à ouvrir les ouvrages français au marché des opérateurs européens, tandis que les acteurs historiques des plus grandes installations - EDF, la CNR et la Shem, soutenus par l'Etat - souhaitaient les conserver, quitter à modifier le régime réglementaire. Jusqu'alors, les investissements étaient donc limités sur ces grands ouvrages, la plupart construits dans les années 1950 et 1960.
Selon le rapport remis par les députés Marie-Noël Battistel et Philippe Bolo en mai dernier, « l’absence de visibilité sur la durée de cet entre-deux perturbe également les investissements nécessaires au bon fonctionnement et au renouvellement des ouvrages en rendant leur financement plus incertain »,sans préciser le montant global des investissements nécessaires, qui se chiffrent en milliards d'euros.
« Enthousiasme partagé »
Mais depuis, un accord a finalement été noué autour d'un principe : préserver les acteurs historiques, notamment en basculant du régime de concession vers celui de l'autorisation, mais aussi en instaurant un système de compensation financière. Ces éléments devront désormais transparaître dans la loi pour pouvoir pleinement entrer en vigueur.
Dès lors, cet accord de principe apporte du souffle à la filière. « Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel », illustre Sébastien Pailhès, directeur exécutif « eau, énergie, environnement » d'Artelia, société d'ingénierie spécialisée dans l'hydroélectricité. Et ce, même si « la traduction de cette bonne nouvelle en activité n'arrivera pas en 2026. Cela prendra très certainement au moins un an ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.