C’était l’une des promesses de l’ancien PDG d’EDF Luc Rémont, réitérée par son successeur Bernard Fontana : viser une production annuelle de 400 térawattheures (TWh) d’électricité nucléaire à l’horizon 2030, alors même qu’aucun nouveau réacteur ne sera déjà construit à cette date.
L’objectif émanait du gouvernement lui-même : il y a deux ans, la ministre de la Transition énergétique de l’époque, Agnès Pannier-Runacher, retenait ce chiffre pour « juger la performance opérationnelle des dirigeants de la maison EDF ». Une manière de renouer avec l’âge d’or du parc atomique, qui générait encore 417 TWh en 2015 mais peinait à atteindre 361 TWh l’an dernier - pourtant un bon cru au vu des huit années précédentes -.
Mais depuis, les signaux contradictoires s’enchaînent. Dans son rapport sur les coûts du nucléaire publié fin septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) retient des hypothèses de production, transmises par EDF, de 362 TWh pour 2026-2028 et 358 TWh pour 2029-2031. Soit plus qu’entre 2021 et 2024 (331 TWh en moyenne), mais bien en deçà des niveaux historiques, de l’ordre de 396 TWh entre 2000 et 2019. Alors même que le réacteur EPR de Flamanville a été raccordé dans la Manche en fin d’année dernière, et que le problème de corrosion sous contrainte survenu pendant la crise de l’énergie semble résolu.