C’est un paradoxe dont les stockeurs de gaz se passeraient volontiers. Plus la France dépend d’eux pour sa sécurité d’approvisionnement, moins le marché accepte de les rémunérer. L’an dernier, Storengy (filiale d’Engie), leader du secteur, a peiné à vendre ses capacités. Les volumes disponibles ont finalement été cédés à vil prix. Pourtant, lors des pics de tension, ces réserves souterraines couvrent jusqu’à 70 % de la consommation nationale.
Comment l’expliquer ? Concrètement, les stockeurs ne sont pas propriétaires du gaz. Chaque année, ils vendent à ces derniers un volume disponible pour entreposer la molécule en sous-sol. Storengy peut ainsi emmagasiner environ 90 térawattheures (TWh) dans ses infrastructures, et l’autre entreprise du secteur, Teréga, près de 35 TWh (sur une consommation annuelle d’environ 350 TWh en France). Engie, EDF, TotalEnergies ou d’autres acteurs achètent ces capacités, stockent le gaz, et le soutirent selon leurs besoins. « Cela leur permet d’éviter les problèmes d’approvisionnement en hiver », souligne-t-on chez Storengy.