L’entreprise héraultaise Bulane ambitionne de décarboner les procédés thermiques industriels et du bâtiment grâce à une production d’hydrogène décarboné sur site et à une technologie d’hybridation. Sans modifier les équipements existants, elle permet de remplacer tout ou partie des combustibles fossiles par de l’hydrogène.Le déploiement de l’hydrogène subit les assauts des incertitudes, réduisant ses perspectives d’avenir. Car si les technologies de production d'hydrogène renouvelable gagnent en maturité, les usages ne suivent pas… Dans un audit à l'été 2024, la Cour des comptes européenne concluait déjà que ni la production ni la demande n'étaient au rendez-vous, et que d'ici à 2030, cette dernière n'atteindrait même pas les 10 millions de tonnes en Europe.
En France, la stratégie hydrogène vert de l’État, présentée le 16 avril dernier, a d’ailleurs confirmé un recul des ambitions initiales : l'objectif des 6,5 gigawatts (GW) de puissance d'électrolyse en 2030 est ramené à 4,5 GW, et de 10 GW à 8 GW en 2035.
Cet été, Stellantis annonçait qu’il mettrait un terme à son programme de développement de véhicules à hydrogène à partir de 2026 faute de perspectives économiques. Début novembre, le retrait de l’opérateur indépendant en énergie verte Valorem a entraîné l’arrêt du projet Armor Hydrogène en Bretagne, portant sur la production-distribution en 2028 d’une boucle d'hydrogène vert.
Alors qu’il a créé début 2024 la co-entreprise Teal Mobility avec Air Liquide pour développer un réseau paneuropéen de stations hydrogène pour les camions, Patrick Pouyanné, le P-dg de TotalEnergies, s’interrogeait le 4 novembre dernier : « S’il n’y a pas de clients, pourquoi construire ces stations ? […] Dans la transition énergétique, ce qui est le plus compliqué, c’est d’essayer de prévoir où ira la demande. Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai ». TotalEnergies voit désormais l’hydrogène davantage comme « un marché de niche » dédié à la décarbonation de l’industrie.