TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde
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Une station hydrogène en Allemagne.
REUTERS - MICHELE TANTUSSI
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Une station hydrogène en Allemagne.
REUTERS - MICHELE TANTUSSI
Quelle sera la durée de vie de Teal Mobility, la joint-venture créée par Air Liquide et TotalEnergies pour développer des stations hydrogène dédiées aux camions ? Lancée en janvier 2024 à l’occasion du salon Hyvolution, son avenir semble aujourd’hui plus qu’incertain. Avec cette co-entreprise, « nous avions l’ambition de développer un réseau paneuropéen pour les camions. S’il n’y a pas de clients, pourquoi construire ces stations ? Il y a un vrai point d’interrogation aujourd’hui », a concédé ce mardi 4 novembre Patrick Pouyanné, le PDG de la major pétro-gazière, en marge d’une présentation consacrée aux différents scénarios énergétiques à l’horizon 2050.
Désormais, le dirigeant semble privilégier une autre voie : « équiper un réseau pour les camions de bornes de recharge [électriques] de très haute puissance ». « Dans la transition énergétique, ce qui est le plus compliqué c’est essayer de prévoir où ira la demande », a-t-il avancé. « Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai. Si les entreprises de transport n’achètent pas de camions à hydrogène car cela revient trop cher, nous n’aurons pas de clients. Et ce, même si nous avons déployé des bornes », a-t-il tranché.
Produire de l’hydrogène décarboné par électrolyse, qui consiste à utiliser un courant électrique pour casser la molécule d’eau, coûte encore bien plus cher que la production conventionnelle d’hydrogène à partir de gaz naturel. Les acteurs de ce marché tablaient sur le déploiement de la mobilité à partir de cette minuscule molécule pour réaliser des économies d’échelle et diminuer « de façon massive » son coût de production. Mais cette mobilité, « on s’en éloigne chaque jour car la mobilité électrique est en train de l’emporter pour des raisons de coûts et d’efficacité », a affirmé Patrick Pouyanné devant la presse. « On l’observe sur le véhicule léger, mais aussi sur les camions et les poids lourds. [Sur ce segment, NDLR], les constructeurs sont en train de passer à l’électrique », a-t-il ajouté. Selon le dirigeant, le constructeur Daimler Truck, présenté comme « le champion » de ce marché, n’a vendu que trois camions à hydrogène l’an dernier. « Le coût du camion à hydrogène coûte deux fois plus cher que le camion électrique », constate Patrick Pouyanné.