Nucléaire : à la centrale du Blayais, « le solaire bouleverse le fonctionnement de nos réacteurs »
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Au bord de l'estuaire de la Gironde, EDF fait cohabiter nucléaire et solaire.
EDF
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Au bord de l'estuaire de la Gironde, EDF fait cohabiter nucléaire et solaire.
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Plus que jamais, la « modulation nucléaire » aura marqué l'année 2025. Avec une conséquence, celle d'empêcher la production de plusieurs dizaines de térawattheures au niveau national. Pour les quatre réacteurs de la centrale du Blayais en Gironde, le terme est devenu une nouvelle règle : il faut désormais moduler la production à la baisse pour compenser les aléas des énergies renouvelables.
En attendant de savoir s'il sera retenu pour accueillir des réacteurs de nouvelle génération, le site a vécu une année particulière. 2025 a d'abord marqué la fin du quatrième cycle de visites décennales et achevé la première phase du plan de grand carénage qui doit permettre d'assurer la longue vie de l'installation. Malgré les arrêts, le site a enregistré sa plus forte production depuis quatre ans avec 23 TWh d'électricité injectés sur le réseau.
Il aurait pourtant pu produire encore plus si les énergies renouvelables ne venaient pas de plus en plus modifier l'équilibre du réseau.
Lorsque la production électrique nationale est trop élevée par rapport à la demande, les producteurs d'énergie sont en effet invités à ralentir la cadence grâce à un système de tarifs négatifs d'achat d'électricité. Les énergies renouvelables peuvent facilement couper tout ou partie de l'alimentation de leurs parcs. Pour une centrale nucléaire, c'est une autre affaire.
« Ce n'est pas toujours possible de baisser la charge rapidement. Il y a des contraintes techniques liées à la gestion des effluents par exemple », explique la responsable.
« Quand on baisse la charge du réacteur, on doit ajouter du bore [un minéral capable d'absorber les neutrons, ndlr] dans le circuit primaire pour étouffer la réaction en chaîne. Lorsque l'on repart, il faut diluer l'eau borée injectée dans ce circuit primaire. Cela génère des quantités d'effluents à stocker et traiter », développe-t-elle.