Les vestiges de la centrale nucléaire sont recouverts d’une coque interne en acier et en béton, construite à la hâte après la catastrophe nucléaire de 1986.
GG/AP - REUTERS - GLEB GARANICH
Centrale nucléaire de Tchernobyl : l’abri antiradiation interne menacé d’effondrement en cas de frappe russe
Touché par une frappe de drone russe en février dernier, l’abri antiradiation de la centrale nucléaire de Tchernobyl pourrait provoquer « un mini-séisme dans la zone » en cas de frappe russe à proximité, selon le directeur de la centrale.
La centrale nucléaire de Tchernobyl, aujourd’hui à l’arrêt, est sous la menace d'une véritable épée de Damoclès. Une frappe russe pourrait provoquer l’effondrement de son abri antiradiation interne en Ukraine, a déclaré le directeur de la centrale, Sergiy Tarakanov, à l’AFP.
« Si un missile ou un drone le touche directement, ou même tombe quelque part à proximité, par exemple un Iskander, Dieu nous en garde, cela provoquera un mini-séisme dans la zone », a-t-il expliqué à l’AFP.
« Personne ne peut garantir que l’abri restera debout après cela. C’est là la principale menace », a-t-il ajouté.
« Trois ou quatre ans » de restauration complète
Les vestiges de la centrale nucléaire sont recouverts d’une coque interne en acier et en béton, surnommée le « sarcophage », construite à la hâte après la catastrophe nucléaire de 1986, ainsi que d’une coque externe moderne et de haute technologie, appelée « New Safe Confinement » (NSC, nouveau confinement de sécurité). Cette structure métallique, installée en 2016 puis inaugurée en 2019, assure la protection du premier sarcophage construit par les Soviétiques.
L’abri du NSC a été gravement endommagé lors d’une frappe de drone russe en février, qui a provoqué un incendie majeur dans le revêtement extérieur de la structure en acier. « Notre NSC a perdu plusieurs de ses fonctions principales. Et nous comprenons qu’il nous faudra au moins trois ou quatre ans pour restaurer ces fonctions », a précisé Sergiy Tarakanov. Les niveaux de radiation sur le site restent toutefois « stables et dans les limites normales », a-t-il déclaré.
Le trou causé par l’impact du drone a été recouvert d’un écran protecteur, a encore détaillé Sergiy Tarakanov, mais 300 petits trous percés par les pompiers pour lutter contre l’incendie doivent encore être comblés.
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Des réparations temporaires prévues en 2026
L’AIEA a prévenu au début du mois qu’une mission d’inspection avait constaté que l’abri avait « perdu ses fonctions de sécurité essentielles, notamment sa capacité de confinement, tout en précisant qu'il n’y avait pas de dommages permanents aux structures porteuses ou aux systèmes de surveillance ».
« Des réparations temporaires limitées ont été effectuées sur le toit, mais une restauration rapide et complète reste essentielle pour prévenir une dégradation supplémentaire et garantir la sûreté nucléaire à long terme », avait déclaré le directeur général de l’organisation onusienne Rafael Grossi, cité dans le rapport.
L’AIEA avait précisé que le site entreprendrait des réparations temporaires supplémentaires pour soutenir le rétablissement de la fonction de confinement de l’arche protectrice en 2026, avec le soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), « ouvrant la voie à une restauration complète une fois le conflit terminé » avec la Russie.