Tensions en mer Baltique : l'Estonie accuse la Russie d'une nouvelle provocation aérienne
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Un Soukhoï Su-35 (illustration)
CC By-SA 2.0 Dmitry Terekhov
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Un Soukhoï Su-35 (illustration)
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L'Estonie a publiquement accusé la Russie d'avoir violé son espace aérien mardi dernier, lors d'une tentative d'arraisonnement d'un navire pétrolier suspecté d'appartenir à la fameuse « flotte fantôme » russe. Cette flotte, selon les accusations occidentales, permet à Moscou de contourner les sanctions internationales imposées suite à l'invasion de l'Ukraine.
Selon les autorités estoniennes, un navire baptisé Jaguar, récemment placé sur une liste noire britannique, a refusé de coopérer aux injonctions de la marine estonienne visant à contrôler ses documents et son statut. Poursuivant sa route, le Jaguar a finalement rejoint les eaux territoriales russes, escorté par un patrouilleur. Un porte-parole des forces de défense estoniennes a précisé que le navire naviguait dans les eaux internationales, entre la Finlande et l'Estonie, et avait délibérément ignoré les demandes de modification de sa trajectoire.
L'incident a pris une tournure plus inquiétante encore avec l'apparition d'un avion de chasse russe Soukhoï SU-35. L'appareil s'est approché du Jaguar et a effectué plusieurs cercles au-dessus du navire, évoluant dans l'espace aérien international. Cependant, selon Tallinn, l'avion russe aurait brièvement enfreint l'espace aérien estonien lors de son approche. L'incident s'est déroulé à proximité de l'île de Naissaar, située au large de la capitale estonienne, Tallinn. Des données du site Marine Traffic indiquent que le navire Jaguar a jeté l'ancre jeudi près du port russe de Primorsk.
« La Fédération russe a envoyé un avion de chasse pour contrôler la situation et l'avion a violé le territoire de l'Otan pendant près d'une minute », a déclaré avec gravité le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, en marge d'une réunion de l'Alliance atlantique à Antalya, en Turquie. Il a ajouté, avec une pointe d'inquiétude, que la Russie semblait « prête à protéger la "flotte fantôme" », qualifiant la situation de « très sérieuse ».
Face à cette nouvelle provocation, la réaction de l'Otan se veut mesurée mais ferme. Le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, a confirmé lors d'une conférence de presse que « l'Otan et l'Estonie sont en contact étroit à ce sujet et se coordonnent totalement pour savoir avec certitude ce qui s'est passé. C'est pour cela que nous sommes actifs dans cette région ». Ces propos soulignent la solidarité au sein de l'Alliance et la volonté de clarifier les circonstances exactes de l'incident.
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Pour rappel, les nations occidentales estiment que la Russie a mis en place un réseau d'environ une centaine de pétroliers afin de contourner les sanctions imposées sur ses exportations d'hydrocarbures depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Moscou continue d'exporter quotidiennement des millions de barils vers des pays comme la Chine et l'Inde et a déjà mis en garde contre toute tentative d'entraver la liberté de mouvement de ses navires, en particulier dans la région stratégique de la Baltique.
L'Estonie n'est pas le seul pays de la région à exprimer ses préoccupations face aux agissements russes en mer Baltique. La Finlande a récemment accusé les navires russes de manœuvres dangereuses, tandis que la Lituanie a fait part de ses craintes quant au risque d'une escalade du conflit. Le Premier ministre lituanien, Gintautas Paluckas, a d'ailleurs appelé à la prudence et à la rationalité, soulignant la nécessité d'éviter que « l'escalade ne se transforme pas en affrontement militaire ».
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Cet incident survient peu de temps après une autre affaire impliquant l'Estonie et un navire pétrolier à destination de la Russie. Le 11 avril dernier, Tallinn avait saisi et immobilisé pendant deux semaines le Kiwala, l'accusant de naviguer sans pavillon valide. Ces événements successifs témoignent d'une atmosphère de suspicion et de tension palpable en mer Baltique, où les enjeux géopolitiques et économiques se superposent dangereusement. La vigilance et la coordination entre les alliés de l'Otan apparaissent plus que jamais essentielles pour éviter une escalade aux conséquences potentiellement graves.
(Avec Reuters)
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