Hydroélectricité : un accord inédit entre Paris et Bruxelles, aux contours incertains
Juliette Raynal
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« La France relancera les investissements dans l'énergie hydraulique d'ici la fin de l'année ». C'est ce qu'avait étonnement glissé François Bayrou lors de son discours du 15 juillet dernier consacré à la politique budgétaire de la France, sous-entendant qu'un accord avec la Commission européenne était imminent. Et ce, alors qu'un contentieux entre Paris et Bruxelles paralysait le secteur depuis plus de dix ans. La Commission estimant que le régime de concessions des barrages français contrevient au droit européen de la concurrence et jugeant la position d'EDF dominante.
A quelques jours de la chute très probable de son gouvernement, le Premier ministre est effectivement parvenu à décrocher un compromis. « Un accord de principe a été trouvé sur les modalités selon lesquelles une relance massive des investissements dans nos barrages et dans nos vallées pourrait avoir lieu, au bénéfice de la transition énergétique et de la gestion de l'eau », s'est félicité Matignon, jeudi 28 août, dans un communiqué de presse.
La reprise des investissements, gelés depuis des années faute de visibilité, est clef pour le système électrique tricolore. En effet, l'hydroélectricité représente la deuxième source de production électrique derrière le nucléaire, et la première source d'électricité renouvelable dans l'Hexagone. Elle joue, par ailleurs, un rôle majeur dans l'équilibre du système électrique.
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Très concrètement, ce compromis s'articule autour de trois grands axes. Le premier consiste à organiser le passage d'un régime de concessions à un régime d'autorisations. Le deuxième porte sur « la possibilité de maintenir les exploitants en place, indispensable pour garantir la continuité de l'exploitation des ouvrages », précise Matignon. Quant au dernier pilier, il consiste à mettre à la disposition des concurrents d'EDF 6 gigawatts (GW) de capacités hydroélectriques, soit près d'un tiers de ses capacités hydroélectriques. Autrement dit, le schéma poussé par la France consiste à mettre en concurrence une partie de la production électrique issue des barrages hydrauliques, mais pas les ouvrages eux-mêmes.
Juliette Raynal