Critical Raw Metarials Act, RESsourcEu...Les plans de l'Union européenne pour diversifier ses approvisionnements en matériaux stratégiques s'enchainent depuis 2 ans. Cependant, la Cour des comptes européenne dresse aujourd'hui un constat inquiétant.Depuis le Critical Raw Materials Act en 2024, l'Union européenne s'est emparée du sujet de sa dépendance aux importations de matériaux stratégiques. « Oui, nous constatons que les choses s'améliorent », explique-t-on à la Cour des comptes européenne. Seulement, malgré les améliorations, les auditeurs constatent également des manquements dans la stratégie des 27 à sécuriser et diversifier leurs approvisionnements.
Dans un rapport spécial rendu public ce lundi, l’organisme luxembourgeois dresse un constat sévère : la politique européenne des matières premières critiques affiche une ambition claire, mais repose sur des fondements insuffisamment solides. Plus inquiétant encore, en matière de partenariats internationaux, les accords signés par la Commission européenne semblent ne produire aucun effet.
Une stratégie bâtie sur des données fragiles
Premier point de fragilité : la base même de la stratégie européenne. Depuis 2011, la Commission met à jour une liste de matières premières critiques, aujourd'hui au nombre de 34. Cette compilation a été complétée en 2024 par une liste plus restreinte de matières premières dites « stratégiques », censées bénéficier de mesures prioritaires. Mais la Cour des comptes estime que ces listes, pourtant centrales, manquent de robustesse.
« Les données commerciales servant à établir les listes de matières premières critiques et stratégiques sont lacunaires, tandis que la méthodologie et les projections de la demande pour les matières stratégiques ne sont pas entièrement satisfaisantes. Ces faiblesses réduisent la fiabilité des deux listes. »