Charbon : la demande mondiale atteint un sommet en 2025, malgré l’essor des énergies renouvelables

Vue aérienne d’une centrale électrique au charbon à la périphérie de Zhengzhou, en Chine.
/FW1FP/Sherry Jacob - REUTERS - Donald Chan

Vue aérienne d’une centrale électrique au charbon à la périphérie de Zhengzhou, en Chine.
/FW1FP/Sherry Jacob - REUTERS - Donald Chan
Jamais le monde n’a consommé autant de charbon. La demande mondiale devrait atteindre 8,85 milliards de tonnes en 2025, un record, selon le rapport « Charbon 2025 » publié ce mercredi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit une hausse de 40 millions de tonnes (+0,5 %) comparé à l’année précédente, elle-même représentant déjà un plus haut.
Cette croissance de la consommation du charbon n’est pas une surprise puisque les émissions de CO2 liées à ce minerai ont été enregistrées à la hausse en 2025, selon les chiffres du Global Carbon Project dévoilés le mois dernier à l’occasion de la COP30, la conférence de l’ONU sur le climat. Il en est ressorti que les rejets dans l’atmosphère liés à la combustion de charbon ont progressé de 0,8 % au niveau mondial, atteignant, là encore, un triste record.
Ce nouvel élan de la consommation de charbon en 2025 a été en très grande partie porté par les États-Unis. Elle devrait y augmenter de 8 % cette année, alors qu’elle avait diminué en moyenne de 6 % par an sur les 15 dernières années. À lui seul, le pays de l’Oncle Sam contribue pour 37 des 40 millions de tonnes de charbon supplémentaires consommées en 2025 dans le monde.
Le retour au pouvoir de Donald Trump en début d’année n’est pas pour rien dans cette hausse. Le président américain a mis en place des politiques pro-énergies fossiles qui ont permis aux centrales à charbon de poursuivre leur activité tout en ralentissant les fermetures prévues de certaines. Le minerai s’est aussi retrouvé plus compétitif suite à la hausse des prix du gaz naturel.
Autre situation exceptionnelle mais à l’inverse observée en Inde, où la consommation est attendue en recul. Ce serait seulement la troisième fois en 50 ans. Moteur de la croissance du marché du charbon ces dernières années, le pays a subi une mousson précoce et forte qui a réduit la demande d’électricité et stimulé la production hydroélectrique. Quant à la Chine, plus gros consommateur de charbon, la consommation y est restée stable par rapport à 2024.
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Du côté de l’Union européenne, la demande de charbon n’a reculé que de 3 %, après une baisse moyenne de 18 % en 2023 et 2024. Cela s’explique principalement par une faible production hydroélectrique et éolienne au 1er semestre, précise l’AIE.
Ces tendances illustrent les vents contraires qui soufflent autour du charbon. D’un côté, il demeure essentiel à la sécurité énergétique et aux processus industriels de certains pays, particulièrement en Asie. De l’autre, les économies les plus avancées cherchent à s’en défaire. Cela « renforce le déplacement structurel de la demande mondiale vers l’est » du globe, souligne l’AIE.
La part du charbon dans la production électrique mondiale a toutefois fortement reculé. Le minerai devrait représenter 34 % de la production totale de 2025, contre 41 % en 2013. Ce serait alors « le niveau le plus bas de l’histoire statistique de l’AIE », a affirmé Keisuke Sadamori, directeur des marchés de l’énergie de l’organisation internationale, ce mercredi devant la presse.
Ce qui peut sembler étonnant s’explique simplement par l’essor d’autres sources d’électricité, particulièrement celles produites à partir des renouvelables, solaire et éolien en tête. Leurs parts augmentant grâce à la hausse de leurs capacités, celle du charbon baisse logiquement.
La tendance générale à la hausse devrait néanmoins se stopper progressivement. « Selon nos dernières prévisions, la demande mondiale de charbon devrait se stabiliser au cours des prochaines années, affichant un déclin très progressif jusqu’en 2030 », indique l’organisme. À cet horizon, la consommation devrait diminuer de 3 % par rapport à 2025, ce qui lui permettrait de repasser sous son niveau de 2023 seulement. Elle resterait ainsi bien plus élevée qu’en 2014, année où elle avait commencé à baisser avant de repartir à la hausse dès 2021.
Il est même possible que la consommation de charbon ne se replie pas. « La forte croissance de la demande mondiale d’électricité pourrait soutenir la consommation de charbon dans les années à venir », prévient l’AIE. L’organisme rappelle que le contexte énergétique est « complexe » et peut entraîner « d’importantes incertitudes susceptibles d’avoir un impact significatif » sur la consommation de charbon. « Si l’intégration de nouvelles capacités d’énergies renouvelables aux réseaux électriques est plus lente que prévu, la demande mondiale de charbon pourrait dépasser nos prévisions », illustre-t-il. La fin du charbon n’est clairement pas pour demain.