Les microfissures qui ont ébranlé le parc nucléaire d’EDF en 2022, ne sont plus considérées comme des événements « hors du commun » par le gendarme du nucléaire. EDF a détecté une nouvelle fissure sur le réacteur 1 de la centrale de Civaux et entend, à l’avenir, utiliser des « colliers » pour prévenir l’apparition de ce phénomène.« La corrosion sous contrainte va faire partie de la vie des installations », a prévenu Pierre-Marie Abadie, le président de l’Autorité de la sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse, ce mardi 27 janvier. « Ces éléments [des microfissures], on les retrouvera au gré des contrôles et cela fera partie de la vie normale [des réacteurs]. Chaque fois qu’on en trouvera, ce ne sera pas considéré comme un événement hors du commun », a-t-il poursuivi.
Une manière, peut-être, d’atténuer l’effet d’une autre information, jusqu’ici passée sous les radars : en octobre 2025, EDF a détecté une nouvelle fissure, liée au phénomène de corrosion sous contrainte, sur le réacteur 1 de Civaux (Vienne), la centrale française la plus récente et la plus puissante du parc tricolore après l’EPR de Flamanville (Manche). Cette fissure, d’une profondeur de 2,8 millimètres, a été décelée au niveau d’un tronçon qui avait déjà fait l’objet d’un remplacement après l’apparition d’un premier phénomène de corrosion sous contrainte fin 2021. Elle se situe au niveau du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt. Il s'agit d'une indication « de faible profondeur et ne présentant pas de caractère de nocivité vis à vis de la sûreté », rapporte le groupe tricolore, 100% détenu par l'Etat. Pour l’heure, le tronçon concerné n’a pas encore été remplacé. L’électricien a mis en place un collier, une sorte de pansement, dans l’attente du prochain arrêt du réacteur (programmé en février 2027) pendant lequel la réparation sera effectuée. « Les deux tuyauteries concernées seront prélevées pour être expertisées au Laboratoire intégré d'expertises de Chinon (LIDEC) », précise EDF.
80 fissures significatives détectées par EDF
Ce n’est pas la première fois qu’une microfissure attribuable à un phénomène de corrosion sous contrainte réapparaît sur une partie de tuyauterie déjà réparée. En juin dernier, La Tribune révélait la réapparition de ce phénomène sur le réacteur numéro 2 de Civaux. Sur les deux fissures détectées, une était le résultat de corrosion sous contrainte tandis que l’autre était attribuable à de la fatigue, a précisé aujourd’hui l’ASNR.