Depuis le dernier salon du Bourget, Limatech qui développe des batteries LFP (Lithium Fer Phosphate) pour l’aéronautique, multiplie les étapes en coulisses. Après avoir annoncé un protocole d’accord avec des investisseurs d’Arabie Saoudite qui devrait la mener à installer une seconde usine au Moyen-Orient, la deeptech iséroise espère une clôture de ce deal crucial d’ici la fin de l’année.
Dans un monde de l’aéronautique où la moindre discussion revêt rapidement un caractère confidentiel, il est des signaux faibles qui deviennent « forts » : c’est par exemple le cas de la récente visite qui s’est tenue, tout en discrétion, au sein de l’usine Limatech de Voreppe, à quelques jets de pierre de Grenoble.
La semaine dernière, une délégation de représentants officiels d’Arabie Saoudite a fait le déplacement jusqu’en Isère pour visiter pour la première fois les locaux de la deeptech, qui développe depuis 2016 des batteries LFP (Lithium Fer Phosphate) dédiées au monde de l’aéronautique.
« Il est assez extraordinaire de faire déplacer des personnalités du gouvernement ainsi que des chairmans et vice-chairmans de grosses entreprises saoudiennes », reconnaît Florence Robin, co-fondatrice et présidente de Limatech, jointe par La Tribune.
Un travail de longue haleine qui a commencé bien avant l’annonce, glissée à La Tribune lors du dernier Salon du Bourget, durant lequel Limatech avait signé son premier memorandum of understanding (MoU) (un protocole d'accord, dénué toutefois de valeur juridique contraignante, ndlr) avec trois acteurs saoudiens pour obtenir du financement. Avec, en contrepartie, la création à venir d’une seconde usine en Arabie Saoudite.
« Tout a commencé en 2023, où nous avons été accompagnés par Business France et avions pu rencontrer des acteurs de l’écosystème sur place, qui portaient notamment le projet de monter un nouveau cluster aéronautique dans la ville de Djeddah, non loin de la mer Rouge », se souvient Florence Robin. Un projet qui s’inscrirait notamment dans le cadre du plan Vision 2030 du gouvernement saoudien qui vise, depuis 2016, à diversifier l’économie saoudienne pour se protéger de la volatilité des cours du pétrole.
Une phase d'accélération en cours
Cette fois, c’est donc une délégation chapeautée par Maher Al-Dhuwayli, cadre supérieur du secteur aérospatial au NIDC (National Industrial Development Center),qui s'est déplacée dans cette usine de la « Silicon Valley grenobloise ». « Après avoir signé un MOU, il était important qu’ils viennent sur place et rencontrent les équipes, voient ce que l’on sait faire », appuie Florence Robin.
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