Les chiffres peuvent sembler vertigineux. Airbus a annoncé, ces derniers jours, à ses partenaires industriels vouloir passer de 54 A321 fabriqués par mois à 75 d’ici à 2028 voire 2030 au plus tard, tandis que sur l’A350 la projection envisagée est de quatre à 12 par mois. Dans le même temps, l’Américain Boeing voudrait produire 44 unités du 737 dans six mois, contre 38 actuellement, puis augmenter cette cadence tous les semestres. « Face à ce planning, nous recherchons activement du personnel à la production. Nous travaillons déjà avec des équipes en format dit 3/8, mais le sept jours sur sept semble inévitable au regard des montées en cadences annoncées », commente Pierre-Jean Leduc, le PDG de Demgy, sous-traitant spécialisé dans les matériaux composites.
Depuis ses locaux installés à Saint-Aubin-sur-Gaillon, où trône fièrement un grand coq bleu, symbole de la French Fab, le fournisseur aéronautique de rang 1 réalise des petites séries de composants moteurs critiques pour l’ensemble de l’écosystème mondial. Afin de répondre à la demande galopante autour de ses produits qui permettent d’alléger les avions en remplaçant des pièces aluminium par des résines plastiques pointues, Demgy a déjà recruté 17 personnes en 2025 pour son usine normande. Et l’année à venir s’annonce tout aussi dynamique.
Ce site industriel normand, où s’épanouissent une vingtaine de presses à faible tonnage, compte déjà 120 collaborateurs. Mais une dizaine de salariés supplémentaires sont attendus en 2026 sur ce site. « À l’échelle du groupe (qui compte 10 usines dont 4 en France, NDLR), le dynamisme de l’activité aéronautique va permettre de recruter 40 personnes en 2026 », souligne Benjamin Verger, le DRH de Demgy, au milieu des ateliers qui tournent à plein régime. Alors qu’un collaborateur peaufine à la lame les pièces plastiques produites à l’instant par sa machine, le patron des ressources humaines partage ses difficultés du moment.