Entre la chute des commandes dans l'automobile et l'offensive massive du PET recyclé vietnamien, l’industrie plasturgique française, qui pèse 35 milliards d’euros, est sous tension. Ses représentants veulent encourager l'investissement et le regroupement de ses 2 935 entreprises.Il est question d’un mastodonte français. Un peu moins de 121 000 salariés, au sein de 2 935 entreprises, pour un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros en 2024. Voilà le poids de l’industrie plasturgique en France, d’après une étude de la Banque de France, commandée par le syndicat représentatif de la filière, Polyvia. « Après une période de hausse jusqu’en 2022, le chiffre d’affaires de la plasturgie française fait face à une bascule. Le chiffre d’affaires a baissé de 4 % en 2024. La plasturgie entre en crise », commente Bibiane Arnaud-Barbaza, la responsable des affaires économiques du syndicat.
Présents dans le bâtiment, le médical, les emballages, l’agroalimentaire ou encore l’automobile, 80 % des acteurs de cette industrie sont avant tout des sous-traitants. Et la crise dans l’industrie automobile française et européenne devrait encore dégrader les chiffres de l'année 2025 voire 2026. D’après l’enquête de conjoncture, présentée ce jeudi 15 janvier, 40 % des répondants estiment que leur activité au second semestre 2025 était en baisse par rapport au semestre précédent, et 38 % parlent d’une stagnation. De fait, 57 % des entreprises s’estiment en dessous des objectifs fixés en début d’exercice.
Quant aux projections, ils sont 54 % des répondants à envisager une stagnation de leur activité sur les six premiers mois de l'année 2026, tandis que 25 % parient sur une hausse et 21 % une baisse. « Il faut être vigilant sur ces projections car maintenant que nous sommes bien en 2026, beaucoup de nos adhérents parient plutôt sur une baisse de leur activité. Par exemple, les appels de commandes des donneurs d’ordre dans l’automobile sont sur des volumes en baisse de 15 voire de 16 % en janvier et février », met en garde Xavier Chastel, le directeur général de Polyvia. Dans ce contexte, la filière s’attend même à une année plancher en termes d’activité pour ce qui est de 2026.