L’industrie française pollue moins, mais pas pour les bonnes raisons
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L’industrie française a vu ses émissions carbone diminuer entre 2023 et 2024.
Patrick Hendry - Unsplash
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L’industrie française a vu ses émissions carbone diminuer entre 2023 et 2024.
Patrick Hendry - Unsplash
Sur le papier, c’est certainement une bonne nouvelle pour le climat. L’industrie française a réduit son empreinte carbone de 1,4 % entre 2023 et 2024, à en croire le dernier rapport du CITEPA. Avec 62,4 millions de tonnes de CO2, toujours selon la même source, l’activité industrielle tricolore est ainsi le troisième émetteur national derrière les transports et l’agriculture.
« La décarbonation n’est pas le facteur principal de cette baisse des émissions industrielles. Elle est liée à des facteurs conjoncturels, comme la baisse de production dans certains secteurs », regrette Aurélie Brunstein, responsable de l’industrie lourde au sein de l’association Réseau Action Climat France.
Et pour cause, l’industrie tricolore et même européenne est touchée par un certain ralentissement de quelques activités comme la sidérurgie voire la chimie. De fait, les émissions polluantes de certains sites industriels ont diminué ces derniers mois, comme en atteste le classement des 50 sites industriels français les plus polluants (qui représentent à eux seuls 55 % des émissions polluantes de toute l’industrie hexagonale), réalisé par Réseau Action Climat France et l’ONG France Nature Environnement et dévoilé ce jeudi.
À lire également
Sans surprise, c’est le site d’ArcelorMittal à Dunkerque qui caracole en tête de ce classement, avec 8,5 millions de tonnes de polluants émis en 2024, soit une progression de 11 % depuis 2023 (mais de -29,6 % depuis 2019). Une aciérie dont les incertitudes sur son avenir sont grandes en raison de la mise en pause des investissements pour l’équiper de hauts-fourneaux électriques et ainsi produire un acier décarboné.